Européennes ou la stratégie de l’ennui ?

Rédigé par notre équipe le 11 avril 2019.

Une élection est souvent l’occasion pour le peuple de se défouler ou de se faire enfumer. La seconde variante se vérifie le plus souvent, mais les élections européennes représentent un danger pour les partis traditionnels et plus encore pour En Marche qui ne cesse de survendre le « rêve européen ». Mais entre le rêve européen et le cauchemar bruxellois, il n’y a qu’un pas qui a été franchi il y a déjà fort longtemps. Alors la Macronie endort les Français en les berçant de mensonges au dessus du vide de son programme.

S’il y a bien un parti qui devrait remporter la mise aux européennes en laissant tous ses concurrents loin derrière, c’est En Marche. Depuis deux ans, le pouvoir n’a que l’UE à la bouche, alors ne pas voter pour En Marche aux européennes, ce serait faire preuve d’une insupportable volonté de nuire. Il faut croire qu’une majorité de Français s’apprête à ce genre de desseins, alors le pouvoir compte sur le vide pour endormir les électeurs et éviter qu’ils ne se rendent dans les urnes pour exprimer leur dégoût du macronisme.

Vendre du vent et des contre-vérités

Alors qu’il se promenait dans une rue d’un quartier plutôt huppé de Paris, l’auteur de ses lignes vit quelques olibrius s’essayer à l’exercice du tractage. Une sorte de brassard avec le drapeau européen au bras, il comprit qu’il s’agissait certainement d’une milice macronienne en train de faire le sale boulot. Prenant un air patibulaire pour ne pas être confronté à un refus mélodramatique ou à une lecture pénible, cette stratégie fonctionna puisque la pré-retraitée qui allait lui tendre la propagande gouvernementale s’abstint et se retourna du côté d’un jeune couple d’Asiatiques flânant entre les crottes de chiens et les pisses de fêtards rentrés il y a peu cuver chez eux. Ouf de soulagement, coup d’œil ver la droite pour traverser la rue en toute sécurité et ce fut la rencontre tant redoutée. Un autre « marcheur » aux cheveux bien blancs celui-là, attendait le pied ferme d’enfourner son tract dans la main de sa victime. A peine le temps de réagir, et le programme d’En Marche était déjà entre les mains de votre serviteur.

Dans sa toute-puissance, Macron avait réussi à s’imposer aux yeux et à l’esprit d’une partie de la rédaction de 24h actu. Pas de repos dominical pour la propagande d’Etat. La cause étant déjà perdue, le tract fut donc lu – plus rapidement que prévu – car tourné entièrement vers l’apologie du vide et du mépris de la vérité. Composée de quatre pages, cette propagande pas très Nouveau monde est une ode non pas à l’Europe, mais au renoncement et à une distanciation effrayante avec la réalité. Première page, une photo de Nathalie Loiseau – tête de liste soi-disant auto-proclamée – avec le slogan certainement trouvé par une agence de comm’ hors de prix : « Reprenons en main le destin de l’Europe ». Un message qui voudrait dire que les moteurs de la Macronie ne sont pas les mêmes que ceux qui gouvernent l’enfer bruxellois. C’est faux, mais ce n’est rien en comparaison du reste…

Avant de passer à la page 2, un étrange « Renaissance » précédé du drapeau européen constitue le bas de cette page introductive fort peu engageante. Et de nouveau, c’est le portrait de Nathalie Loiseau qui accueille le curieux avec cette fois une micro biographie en prime. « Nathalie Loiseau est la tête de liste de l’équipe Renaissance et ancienne ministre chargée des Affaires européennes. Elle a notamment porté des avancées européennes majeures comme la révision de la directive sur les travailleurs détachés et la réforme du droit d’auteur. Elle a été au cœur des négociations sur le Brexit ». Quand on met trois échecs (du point de vue des Français) en évidence dans une biographie longue de sept lignes, on comprend que le travail de la tête de liste ne va pas dans la bonne direction. Comment se féliciter d’avoir été « au cœur des négociations sur le Brexit » quand son action n’a été que de mettre des bâtons dans les roues à la Grande-Bretagne pour l’acculer à un no deal ? Une stratégie qui se vérifie encore avec un Macron heureux d’annoncer qu’il a arraché à ses partenaires européens un calendrier pas trop généreux avec les Britanniques…

Bref, Loiseau est un bon produit de la Macronie et fait bien de devenir l’un de ses jouets au sein du monstre européen. Viennent ensuite huit propositions que certains pourraient qualifier de mensonges éhontés. La France macronienne est en retard sur ses objectifs de transition énergétique et refuse d’entraver la course aux pesticides alors, elle demande à l’UE de le faire à sa place en créant au passage une « banque européenne pour le climat ». L’idée de « faire de l’Europe une puissance industrielle » repose sur du vent avec la promesse creuse de « financer massivement l’innovation au service du quotidien » et de « créer des alliances industrielles sur les secteurs d’avenir »…

Les deux dernières brillantes idées développées vont carrément contre la politique macronienne mise en place au niveau national puisqu’il s’agirait de « protéger nos travailleurs et nos entreprises » et de « protéger nos frontières extérieures ». La Macronie n’est pas à une contradiction près surtout lorsqu’il faut amasser des voix pour trouver une bonne planque à de bons petits serviteurs. Et c’est en troisième page que ces joyeux drilles arrivent. Quelques têtes de liste considérées comme des prises de guerre à l’image de Pascal Canfin ou des pseudo-journalistes Bernard Guetta et Stéphane Bijoux. On panache tout ça d’un ou deux agriculteurs paumés et d’une « entrepreneuse » (on est quand même dans la start-up nation !) et on se donne rendez-vous en page quatre pour peut-être enfin plus de consistance…

Terminer consciencieusement cette propagande était peut-être une erreur puisqu’on a le droit à la photo d’un Macron qui regarde au loin (pourquoi commencer à regarder les Français dans les yeux ?) avec un autre slogan toujours aussi peu inspiré : « Liberté, protection, progrès. Nous devons bâtir sur ces piliers une Renaissance européenne ». Là, c’est vraiment trop ! Macron est prêt à dire tout et surtout à enchaîner les contre-vérités dans l’espoir de n’avoir rien qu’une voix de plus que le Rassemblement national et que le progressisme, la Renaissance ou une autre invention du cru macronien a gagné. Comme cela est écrit en dernière page, « le dimanche 26 mais, il n’y aura qu’un tour ». Les Français seraient bien inspirés de lui faire dire que c’était un tour de trop !

Déjà 5 remarques sur cet article

  1. amazonia dit :

    ELECTIONS EUROPEENNES .
    PAUVRE FRANCE .
    ENTRE MADAME LOISEAU bonjour tristesse et LA JOYEUSE porte parole ! 6 bête
    caméléon qui brille toute l’année comme des décorations de noèl L’IMAGE DE LA FRANCE ?
    Aprés les jupes courtes de BIBI .
    LA MODE MADE IN FRANCE .IMAGE = CATASTROPHE .

  2. amazonia dit :

    Madame LOISEAU ? même visage expressif que JUNKER /UE .
    même loisirs ? activités ? en MARCHE droit devant .
    LES DIRIGEANTS UE . Le grand carnaval UE . PATHETIQUE .
    Les serviteurs en MARCHE
    Entre brillantine / pommade / brosse a reluire +
    caresser dans le sens du poil =flatter super MACRON .Ridicule+

  3. Bluesun dit :

    En marche, ou “le rêve européen”…

    Grand blabla = ça sent la magouille en préparation.

    Ce matin au marché, un du mouvement “en marche”, démarchait. Ou plus exactement, “la renaissance”.
    Macron, n’est pas arrivé qu’il veut déjà renaitre…
    Pense t-il à une réincarnation ?????

    Sur Le papier que tendait ce monsieur pour aguicher le promeneur, on y voyait la photo de dame Loiseau….

    Moment très amusant à observer quelques instants.
    Personne ne voulait du papier cage sur lequel était imprimée la photo de Loiseau…

    Et oui, il n’y a que les sondages, et la magouille, sans oublier les blabla qui sont en marchent.

  4. Bluesun dit :

    “pourquoi commencer à regarder les Français dans les yeux ?

    Macron, ne peut pas regarder les français dans les yeux.
    Puisque, c’est lui qui en fait des borgnes ….

    Macron est avant tout européen, et œuvre pour l’Europe.
    La France, n’existe plus, peste brune, maladie venue d’outre tombe, il marche dessus, vomit dessus, et vol au-dessus.

    Election EUROPENNES, ça c’est pour le jeunot….
    Drapeau européen, marche au son l’hymne européen, s’il le pouvait il parlerait toutes les langues de l’U.E, sauf le français.
    D’ici qu’il nous invente une langue européenne, une fois le jeu de DESTRUCTION terminé, y a pas loin.

    Existe déjà l’espéranto.
    Espéranto….que Macron dégage, et vite….

  5. Bluesun dit :

    Liberté, protection, progrès. Nous devons bâtir sur ces piliers une Renaissance européenne ».

    Ben voilà, nous y sommes. Au début du jeu de CONSTRUCTION.

    Si jamais le jeunot sort des urnes en mai, on est mort.

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