/>

L’Afrique, championne de l’entrepreneuriat féminin

Rédigé par Notre équipe le 18 juillet 2019.

afrique-entrepreneuriat-WIA
Studio Photo Bouzidi /Rémi Schapman

Les Africaines forment le tissu entrepreneurial féminin le plus important au monde, mais elles restent confrontées à plus d’obstacles que leurs homologues masculins pour créer et diriger leur entreprise.

L’autonomisation des femmes africaines est imparable. Si elles représentent la moitié de la population du continent, elles produisent 62 % des biens économiques alors qu’elles ne sont par ailleurs que 8,5 % à être salariées. En quelques années, l’Afrique est devenu le premier continent de l’entrepreneuriat féminin. D’après les chiffres de Women in Africa (WIA), plateforme internationale de développement économique et d’accompagnement des femmes africaines leaders et à haut potentiel, 27 % des femmes du continent ont créé une entreprise, soit le taux le plus important à l’échelle mondiale. Et leurs sociétés auraient des performances supérieures à celles dirigées par des hommes. C’est en tout cas ce que révèle l’étude « New Deal, New Game for Women in Africa » selon laquelle les taux de rendement seraient supérieurs de 34 % dans les entreprises dont les femmes occupent des postes de direction.

C’est donc dans un climat d’optimisme que s’est tenu le troisième sommet annuel de WIA, les 27 et 28 juin derniers à Marrakech. « Nous nous réunissons au moment où la montée des femmes partout dans le monde n’est plus une aspiration, comme elle l’était encore lors de la Conférence de Beijing en 1994. Elle est maintenant reconnue comme un fait », s’est enthousiasmée Hafsat Abiola, présidente de la plateforme internationale, lors de l’ouverture du sommet.

Près de 550 personnalités de 80 pays ont fait le déplacement pour échanger autour de l’empowerment féminin. Plusieurs femmes africaines incarnant le changement étaient présentes. Parmi elles, Alaa Sahab, une étudiante soudanaise de 22 ans, devenue un symbole de la lutte des femmes soudanaises. 

Espace de réflexion et de rencontre, le WIA ambitionne avant tout de faire bouger les lignes qui brident encore l’entrepreneuriat partout dans le monde. Le manque de formation, le nombre peu élevé d’interlocuteurs ou encore l’absence d’accompagnement et de conseils financiers (absence qui rend les processus de levée de fonds particulièrement laborieux) sont autant d’obstacles à la professionnalisation des femmes en général et des femmes entrepreneures en particulier, qui ont été soulevés lors du sommet.

Soutenir les femmes pour réduire la pauvreté sur le continent

Les institutions financières internationales ne disent pas autre chose. A l’occasion du premier Sommet régional de l’initiative de financement en faveur des femmes entrepreneures (We-Fi, pour Women Entrepreneurs Finance Initiative), qui s’est tenu à Abidjan (Côte d’Ivoire) en avril dernier, 400 dirigeant(e)s des secteurs public et privé d’Afrique de l’Ouest et d’autres régions ont rappelé que les femmes occupent « une place économique essentielle » car elle sont « très présentes dans les activités indépendantes en Afrique, dont profitent largement leurs familles, leur communautés et leurs pays ».

Les dirigeantes ont aussi insisté sur « les nombreux obstacles qu’elles rencontrent pour accéder aux financements, aux marchés, à la technologie ou aux programmes d’accompagnement et de renforcement des capacités ».

Les barrières légales, qui interdisent l’accès des femmes à certains emplois, les barrières culturelles, les difficultés à être prises au sérieux et les difficultés à obtenir un prêt des banques constituent, selon les participants au sommet, les principaux obstacles qui empêchent les femmes « d’exprimer tout leur potentiel ». Des entraves qui « pénalisent la croissance économique et la lutte contre la pauvreté en Afrique ». C’est sur un appel conjoint à l’action que le sommet We-Fi s’est ainsi clôturé, pour inciter les pouvoirs publics et les acteurs privés à déployer des mesures pour lever les freins auxquels sont confrontées les femmes. 

La Première Dame ivoirienne, Dominique Nouvian Ouattara a par ailleurs redit l’intérêt des nouvelles technologies, qui permettent d’améliorer les gains des femmes entrepreneures. Et de conclure qu’« une politique volontariste de formation et de vulgarisation des outils de technologie numérique, devrait être inscrite dans les programmes économiques des Etats, pour accélérer le développement de l’entreprenariat féminin » sur le continent africain.

Dominique Nouvian Ouattara : “Toute la société peut apporter des solutions”

Une affirmation que ne contredirait pas Ivanka Trump, également présente au sommet : « La Maison Blanche et l’ensemble du gouvernement américain appuient résolument Women’s Global Development and Prosperity Initiative (W-GDP), une initiative qui vise à favoriser l’émancipation économique de 50 millions de femmes à l’horizon 2025. Il s’agit là d’une mission vitale pour la paix et la stabilité des nations », a affirmé la fille et conseillère du président américain.

Toute la société peut apporter des solutions, comme l’a rappelé la Première Dame ivoirienne, qui a initié en 2012, avec le soutien du président Alassane Ouattara, le Fonds d’Appui aux Femmes de Côte d’Ivoire (FAFCI), un fonds de microcrédit à taux réduit.

Ce fonds, qui permet aux femmes non éligibles au financement classique de bénéficier de prêts pour créer et développer des activités génératrices de revenus, est aujourd’hui doté de 12 milliards de francs CFA (environ 18,3 millions d’euros). Il a permis de financer les activités de près de 200 000 femmes grâce à un retour sur investissement total de 29 milliards de francs CFA (environ 44,2 millions d’euros). « Et le taux de remboursement de ces emprunts est de 97 %, ce qui est exceptionnel », a déclaré Dominique Nouvian Ouattara.

 

Laisser un commentaire