Halte au sensationnalisme : l’activité nucléaire s’adapte à la canicule

Rédigé par Notre équipe le 25 juillet 2019.

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Tel un marronnier d’été, les fortes chaleurs enregistrées ces derniers jours posent question sur l’adéquation entre canicule et fonctionnement des centrales nucléaires. Aucune inquiétude à avoir, cependant : si les cours d’eau utilisés pour le refroidissement des réacteurs risquent effectivement la surchauffe, les centrales nucléaires adaptent leur production pour préserver la biodiversité de leur environnement.

Comme chaque année, les médias font leurs choux gras des températures qui n’en finissent plus de grimper, comme si la hausse du mercure entre juin et septembre était un scoop. Certaines rédactions, visiblement à la peine lorsque la vie politique a pris ses quartiers d’été, cherchent à parler aux Français de quelque chose qui les touche directement : la canicule. Soit. Mais bien souvent, ces mêmes rédactions en profitent pour mêler à ce fait divers des informations plus « tape à l’œil » afin d’exciter la curiosité des lecteurs. Et quoi de mieux qu’un sujet comme le nucléaire pour ce faire ?

 

Canicule et sécheresse

EDF, le propriétaire du parc de 19 centrales (58 réacteurs) tricolore, a annoncé mardi 23 juillet l’arrêt des deux réacteurs de la centrale de Golfech (Tarn-et-Garonne) en raison de la canicule. Si leur redémarrage est prévu pour le mardi 30 juillet, « la date de fin de cet arrêt pour contraintes environnementales correspond à la fin des prévisions de température disponibles. Cet arrêt est susceptible de se prolonger », a toutefois précisé le groupe sur son site Internet.

« L’électricien utilise en effet l’eau des fleuves pour refroidir les réacteurs avant de la rejeter, mais elle ne doit pas dépasser une certaine température, afin d’éviter des conséquences néfastes pour la flore et la faune aquatiques », a fait savoir l’AFP. Et face aux prévisions de Météo-France, qui a placé lundi dernier 38 départements supplémentaires en vigilance orange canicule (pour un total de 59), EDF a dû arrêter purement et simplement, et ce en respectant la réglementation,  ses deux réacteurs. Ceci afin de limiter l’augmentation de la température de la Garonne. Ne manquant pas de susciter des réactions de part et d’autre, sur la dangerosité environnementale de l’activité nucléaire aussi bien que sur les carences en électricité à redouter.

Un épisode de fortes chaleurs début juillet avait déjà amené certaines plumes à affirmer que « canicule et production nucléaire ne font pas bon ménage », jetant ainsi l’opprobre sur un atome qui ne jouit déjà pas d’un fort capital sympathie dans l’Hexagone. Pourtant, la situation – qui se répète d’année en année – est parfaitement assumée et maîtrisée par EDF. La preuve, le groupe avait prévenu la semaine dernière que la centrale de Golfech et ses deux réacteurs de 1 300 mégawatts (MW) chacun pourraient être ralentis voire arrêtés, « en raison des prévisions de température sur la Garonne ». Il y a là, d’ailleurs, une distinction à opérer entre « canicule » et « sécheresse » : seule la seconde conduit à des baisses de débits des cours d’eau aux abords des centrales. Ce qui n’est pas le cas présentement.

 

« La canicule n’a eu guère d’impact »

S’agissant de la crainte (légitime) de certains concernant un éventuel passage à vide dans la production – et donc dans l’acheminement – nucléaire, qu’ils ou elles se rassurent : le mix électrique d’EDF, basé sur des sources d’énergies complémentaires, à savoir l’atome et les renouvelables (solaire, hydroélectrique, éolien, etc.), est flexible et permet d’ajuster les volumes de production de manière assez réactive. D’ailleurs, le gestionnaire du réseau à haute tension, RTE, l’a affirmé lundi dernier : la consommation d’électricité en France va croître cette semaine avec la canicule, mais la production sera suffisante. Ceci grâce à un programme optimal entre production et demande en électricité établi chaque jour par EDF.

A noter également : loin d’être une contrainte, les arrêts de tranches en été sont au contraire privilégiés par l’électricien, puisque la consommation d’électricité est à son maximum… en hiver. A cette période de l’année, 1 degré en moins correspond à une augmentation de l’ordre de 2 400 MW de la consommation, contre 500 MW seulement lorsque le mercure grimpe d’un échelon en été. D’où la programmation des arrêts pour maintenance et rechargement du combustible du printemps à l’automne, afin de tenir compte de la « saisonnalité » de la consommation électrique des Français.

Concernant ensuite l’éventuelle dangerosité environnementale du fonctionnement des centrales en été, là non plus, pas d’inquiétude à avoir : si l’eau utilisée pour le refroidissement des réacteurs, lorsqu’elle est rejetée, peut effectivement faire augmenter de quelques dixièmes la température des fleuves et rivières en aval de la centrale, ces rejets font l’objet d’autorisations délivrées à EDF par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Et le « gendarme du nucléaire », qui veille à ce que l’électricien respecte ces limites, n’est pas réputé pour son laxisme. S’il y avait eu un danger quelconque pour l’environnement, lié à l’activité nucléaire en période de canicule, l’Agence n’aurait-elle donc pas tiré la sonnette d’alarme ?

« Afin de limiter au plus l’impact de [la] chaleur sur la biodiversité des cours d’eau, la température maximale en aval d’une centrale est encadrée, expliquait d’ailleurs Tristan Kamin, ingénieur en sûreté nucléaire, l’an dernier déjà, preuve que le sujet est déjà bien usité… Lorsque, canicule oblige, la température en amont approche de la limite légale pour l’aval, il va de soi que le refroidissement perd en efficacité, dont la puissance de la centrale doit être abaissée, jusqu’au cas limite où un ou plusieurs réacteurs doivent être arrêtés », comme c’est le cas aujourd’hui. Tout comme « la canicule n’a eu guère d’impact » l’an dernier, écrivait-il, elle ne devrait donc pas en avoir en 2019.

Déjà 2 remarques sur cet article

  1. amazonia dit :

    LES GRANDES VACANCES . POUR LES GOURDES . EN MARCHE ./

  2. amazonia dit :

    LE NUCLEAIRE ?
    LE DANGER ?
    C’est QUOI ? trop d’entreprises de sous -traitances
    QUI FAIT QUOI ? Entretiens ! soudures !
    qui ? RESPONSABLE ? en cas de BOUMMM ?
    Dans nombreux secteurs TROP de SOUS -TRAITANTS . OUI .
    Crédibilité ? DES DOUTES . OUI . CQFD ./

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