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Ça sent le fromage pour les députés En Marche

Rédigé par notre équipe le 10 septembre 2019.

La rentrée s’effectue plutôt en bon ordre à en croire la Macronie. Les profs sont en classe, les gilets jaunes sont dans la rue, mais pas assez nombreux pour inquiéter le Gouvernement, les urgentistes sont aux urgences malgré leur grève légitime et aucun scandale d’Etat n’est venu frapper en plein cœur l’Elysée. Tout irait parfaitement bien si les députés En Marche ne faisaient pas parler d’eux. Car entre les défections, les dissidences présentes et programmées et les frais de bouche remboursés deux fois, les députés de la majorité charrient une marée boueuse qui ne manquera pas d’affaiblir un exécutif tout-puissant.  

L’exemplarité est un concept bien étranger à la plupart des politiciens. Ils appellent tout le monde à être exemplaire, mais quand il s’agit d’eux, les paroles ne sont suivies d’aucun effet. Le nombre de députés repris de volée par une justice pourtant laxiste est impressionnant, mais dans un pays où une condamnation fait figure de passage obligé pour beaucoup de parlementaires, les déboires du député Jean-Jacques Bridey méritent à peine d’être narrés. Pourtant, les « erreurs » du député du Val-de-Marne sont symptomatiques de ce qu’est et d’où vient une Macronie qui se cherche un nouveau souffle.

En Marche pour les bonnes places

Jean-Jacques Bridey fait partie de la myriade de députés En Marche prêts à tout pour profiter des largesses de la République. Elu en 2012 sous l’étiquette PS, il n’a pas mis longtemps avant d’enfiler le costume d’En Marche en 2017 pour s’assurer une réélection bien compromise au vu du travail parlementaire fourni. Bridey a survécu au séisme Macron et il coule des jours heureux à la buvette de l’Assemblée et ailleurs. Un ailleurs qui se trouve souvent dans des restaurants où le député consomme avant de se faire rembourser ses repas. Les députés ne sont plus dans le monde réel, mais Bridey va plus loin encore, car il a trouvé le moyen de se faire rembourser deux fois ses notes de frais.

Un génie de la double comptabilité ou un député débordé qui a simplement fait quelques erreurs ? Sans surprise, Jean-Jacques Bridey plaide la bonne foi et assure qu’il ne faut y voir qu’une « simple erreur d’inattention ». Entre 2016 et 2017, en plus de son poste prenant de député, il était maire de Fresnes et président de la Société d’économie mixte locale d’aménagement de Fresnes (Semaf). Deux missions pour un homme déjà censé être très occupé et qui ont vu atterrir les mêmes notes de frais à une trentaine de reprises. Remboursé deux fois pour des frais de bouche, c’est très fort et plutôt sympa pour le portefeuille puisque de 5 000 euros qui auraient été indument récupérés. L’homme se dit prêt à rembourser. Grand merci, mais il serait peut-être bon de quitter aussi l’Assemblée nationale, car les Français n’ont pas besoin de législateurs aussi nuls en comptabilité et en moralité (pour rappel Bridey a versé une bonne partie de sa réserve parlementaire a une association qu’il présidait !).

Au lieu de faire profil bas, Bridey est sûr de lui et exige qu’on ne « fasse pas un fromage » de toute cette affaire. On peut y voir un trait d’humour pour un homme qui a un peu trop forcé sur les frais de bouche, mais les Français n’ont pas envie de rire face à des individus qui jouissent du pouvoir et des avantages qu’il procure sans même avoir le souci du bien public. Ce renoncement à être un parlementaire digne touche la plupart des députés de la majorité. Une majorité un peu plus fragile après le départ ces dernières semaines de deux députés.

Certainement pas assez occupée et heureuse par sa mission, la députée Michèle Crouzet voulait briguer le mandat de maire de Sens. Ecartée par la nébuleuse commission d’investiture au profit de Claude Vivier-Le Got, elle a préféré quitter En Marche (mais pas l’Assemblée) afin de poursuivre ses petites ambitions personnelles. Certaines n’ont pas encore compris le principe du non-cumul, mais doit-on encore attendre quelque chose de parlementaires qui ne comprennent même par leur mission au sein du Parlement ?

La Macronie veut (et obtient la plupart du temps) que les députés votent tous les projets de loi comme des moutons avant de se retrouver en dehors de l’hémicycle pour déblatérer sur la manière dont la France se transforme sous l’impulsion macronienne… Un programme que ne veut plus suivre Albane Gaillot, autre députée du Val-de-Marne qui a quitté LREM à cause de la réponse gouvernementale qui n’est « pas à la hauteur du réveil citoyen de ces derniers mois en matière d’environnement et de transition écologique ». Le gauchisme de Gaillot a parlé et si le parti majoritaire a perdu officiellement neuf députés depuis le début du quinquennat, les défections pourraient s’accélérer au cours des prochains mois. Les municipales mettent à mal la pseudo-cohérence d’En Marche. Le match grotesque entre Griveaux et Villani à Paris n’est que la partie émergée d’un iceberg qui pourrait bien faire couleau le bateau ivre d’En Marche.

Déjà 2 remarques sur cet article

  1. amazonia dit :

    EN MARCHE ?
    Après le BENALLA / LA GOULLARD .
    Les oiseaux charognards du perchoir =
    entre vautours et autres spécialistes du dépeçage de notre
    FRANCE .
    MACRON SOUTIENS ses AMIS HORS LA LOI .
    Des trafiquants /magouillards des chiffres et privilèges +++
    LA HONTE POUR LA CLIQUE EN MARCHE .
    LES RIPOUX . LA BONNE SOUPE . STOP .

  2. Bluesun dit :

    Depuis le temps que les socialistes promettent que :
    “demain on rase gratis”, c’était le temps du rêve et des promesses.

    Il devait faire beau même en pleine nuit. Promesse de bonheur, d’égalité, de justice pour tous, les déclarations de bonnes intentions.

    En fait, c’est le temps des profiteurs, des arrivistes, des “sans état d’âme”, et du pouvoir des novices de se gaver la panse.

    Quand l’élu parle pour lui, le peuple s’imagine toujours que le bien annoncé est forcément, pour lui (le peuple).

    4 décennies durant de ce régime, le constat est que, nous en arrivons à l’exploitation et à l’appauvrissement du peuple.
    C’est le temps de la désillusion, et ce sont les gilets jaunes qui sont dans la rue depuis 9 mois, pour cause de panse vide…

    Cette leçon vaut bien un fromage sans doute ? avec en prime la poudre de perlimpinpin, afin de faire croire que le réel n’a pas eu lieu.

    “on rase gratis” !!! l’enthousiasme du départ se transforme à l’arrivée en désespérance…..

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