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L’affaire Mila, ou la débâcle publique du gauchisme

Rédigé par notre équipe le 18 février 2020.

Ce que d’aucun appelle désormais « l’affaire Mila » en est réellement une. Non pas que la critique d’une religion, ou que les menaces de violences pour raisons religieuses étonnent ou détonnent tant dans la France actuelle. De même, on pourrait penser que monter en épingle la sortie laïcarde d’une adolescente élevée dans le rejet de toute forme de spiritualité – là aussi, rien de bien troublant au sein de notre pays devenu puissamment matérialiste – ne serait que la conséquence de l’appétit des journalistes à créer de l’esbrouffe médiatique. En réalité, cette « affaire » est un véritable scandale pour l’opinion, et marquera en conséquence les esprits.

Mais d’abord, restituons les propos de Mila :

« Je déteste la religion, […] le Coran il n’y a que de la haine là-dedans, l’islam c’est de la merde. […] J’ai dit ce que j’en pensais, vous n’allez pas me le faire regretter. Il y a encore des gens qui vont s’exciter, j’en ai clairement rien à foutre, je dis ce que je veux, ce que je pense. Votre religion, c’est de la merde, votre Dieu, je lui mets un doigt dans le trou du cul, merci, au revoir. »

Si l’on peut regretter la vulgarité du propos, ou son manque de fond (il y aurait pourtant beaucoup à dire sur l’islam, seule religion qui se trouve être à la fois universaliste et anthropologiquement archaïque, du fait de ses pratiques sacrificielles et de son approche matérialiste du « pur » et de l’ « impur »), il ne se trouve pas ici de quoi se rouler par terre pour un catholique français, certes irrité et choqué des insultes et vulgarités répétées émises contre sa foi par le microcosme gauchiste, mais qui a appris à vivre au quotidien avec ses hussards noirs périmés et presque attendrissants.

Encore une fois, ce ne sont pas non plus les nombreuses menaces de mort, de viol, ou d’égorgement qui provoquent la stupeur : toute personne un tant soit peu au fait de l’état de la liberté de conscience en pays musulman non-occidentalisé ne saurait s’étonner de ces menaces. Mais, c’est précisément là que le bât blesse.

Car, comme le précise bien Natacha Polony : « Mila n’est pas un étendard, elle est un révélateur ». Et c’est cela que le gauchisme n’arrive pas à pardonner à Mila. Tant que les menaces ne se portaient qu’à l’encontre de membres de « l’extrême-droite », ou que les meurtres religieux de dessinateurs étaient le fait d’individus pouvant être décrits comme des « radicaux », des « terroristes », des « loups solitaires », des gens qui n’avaient « rien à voir avec l’islam », le gauchisme pouvait se satisfaire de ces dérapages.

Mais il se trouve que Mila est un pur produit du gauchisme intellectuel. Jeune, rebelle, femme, lesbienne, athée, progressiste, elle coche toutes les cases de la citadine mondialisée et inclusive accomplie. Les réactions à sa vidéo ont démontré, massivement, que les violences islamiques pourront désormais toucher n’importe qui et émaner de l’un de ces milliers de musulmans l’ayant menacé, ou appartenant au cercle de ces derniers (on imagine mal des milliers d’individus radicaux entièrement isolés idéologiquement).

Encore une fois, rien de bien surprenant pour ceux qui alertent l’opinion depuis des décennies sur l’évolution lente de notre pays. Mais la torpeur du gauchisme intellectuel est telle que les réveils sont douloureux. Et ce réveil tient dans une phrase, lancée par Richard Malka, l’avocat de Mila :

« On n’arrive pas à trouver un établissement dans lequel on pourrait assurer sa sécurité, c’est vertigineux ».

Cette phrase est, sans aucun doute, la cause réelle de l’animosité que de nombreuses personnalités de gauche portent à l’encontre de Mila. Des attentats ? le fait de dégénérés isolés… des insultes ? quelques milliers de haineux sur les réseaux sociaux… Mais, que répondre à cela : Mila ne peut plus être en sécurité dans un lycée car elle a insulté publiquement l’islam. Face à cette réalité, le gauchisme ne peut que devenir muet, aphone, absent. Parce qu’il s’agit d’une débâcle publique, d’une humiliation intellectuelle et idéologique.

Cette phrase démontre deux choses : premièrement, que ce que certains nomment mystiquement le « grand remplacement », en fait une simple poussée démographique de populations non-européennes et musulmanes en France, n’est pas un « fantasme », mais une réalité. Si Mila avait critiqué vulgairement l’hindouisme, elle pourrait être scolarisée avec sûreté, parce que les hindous sont démographiquement faibles en France. Deuxièmement, cela démontre bien évidemment l’islamisation de la société française. Car voilà, si ces populations étaient majoritairement composées de chrétiens maronites, de Turcs sécularisés ou même de Tatars pratiquant un islam djadidique, les paroles de Mila auraient fait un flop. Mais l’islam présent en France repose sur des populations sunnites qui n’ont jamais adhéré au gauchisme mou et post-occidental qu’on leur proposait. C’est donc vers des pays comme l’Iran ou l’Arabie Saoudite qu’ils se sont tournés pour structurer leur besoin d’encrage spirituel et identitaire.

De là vient cette rancœur à l’encontre de Mila des milieux de gauche : elle fut l’élément qui déclencha la mise en lumière de la faillite idéologique du gauchisme. Tout le monde en France sait, sent ou pressent que le gauchisme intellectuel se meurt parce qu’il a vicié la France et lui laisse une situation ethnoreligieuse explosive sur les bras. Mais, Mila incarnant tout ce que la gauche a produit depuis 40 ans, aucun « joker » ne peut être utilisé pour masquer la réalité des réactions qu’elle a entraîné.

Selon ses propres mots : « J’ai voulu simplement blasphémer ». Cela n’a, en effet, rien de bien original pour la communauté intellectuelle de gauche, qui confond si souvent la vulgarité avec la rébellion. C’est précisément cette banalité qui fait prendre conscience à ce milieu que, non, la France ne sera plus comme avant. Précisément parce qu’ils ont, par pure idéologie, créé un problème qui se retourne désormais contre eux, et ceci sans plus aucune possibilité de nier le caractère massif de cette transformation sociale.

L’affaire Mila restera sans aucun doute dans les mémoires. Le gauchisme est nu.

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