Le français Olvid est récompensé pour son alternative à WhatsApp ou Telegram

Olvid, qui propose un service de messagerie instantanée sécurisée, a reçu en janvier dernier le prix de la startup FIC 2020. Ce dernier lui a été remis par le directeur CyberSecurity France d’Airbus Defence and Space.

Cette application française permet de communiquer des données privées tout en préservant l’anonymat des utilisateurs, grâce au chiffrage cryptographique des messages.

L’application ne collecte aucune donnée personnelle, rendant impossible la fuite de données en cas de piratage de leurs serveurs. Les messages transitent par un canal lui-aussi sécurisé à l’aide de codes chiffrés. En effet, les autres messageries privées, telles que WhatsApp, Signal ou Telegram, reposent toutes sur l’utilisation d’immenses serveurs dans lesquels sont enregistrés tous les utilisateurs. Un risque de piratage existe donc. A l’inverse, le serveur d’Olvid ne reçoit que des messages chiffrés en transit, et n’enregistre donc aucune information. Impossible donc pour Olvid, comme pourrait le faire un WhatsApp, de sélectionner des messages sur son serveur pour les déchiffrer et découvrir leur contenu. En outre, l’existence d’un annuaire numérique basé sur le sol américain implique que l’on a été numériquement identifié et enregistré dans une base numérique étrangère, et que notre activité en ligne peut ainsi être suivie et exploitée. A l’inverse, l’utilisation d’Olvid ne nécessite pas de fournir ses données personnelles, telles que le numéro de téléphone, le nom, ou encore le courriel.

A ceci s’ajoute l’enjeu de la confidentialité pour les entreprises françaises : WhatsApp et Signal sont américains, et Telegram est une application russe basée à Berlin. L’emploi d’une application française garantit ainsi davantage de protection vis-à-vis de possibles ingérences et espionnages étrangers. Les révélations d’espionnage de masse des clients de Crypto AG, une société de cryptage rachetée discrètement par la CIA dans les années 1970, en partenariat avec les services secrets allemands (le BND), a mis en lumière les enjeux de la sécurisation des données à l’échelon national. En manipulant les structures de la société, les deux agences gouvernementales ont pu, des années durant, casser les codes de chiffrages des clients de l’entreprise et accéder ainsi à toutes leurs données, et ceci dans une centaine de pays.

Face aux géants de l’exploitation des données en ligne (Facebook, WhatsApp, Google…), et à la nécessité de défendre notre indépendance sur le net, le soutien d’acteurs français du chiffrement des données semble indispensable pour reprendre le contrôle de notre vie numérique.

Contre les pirates de l’information en ligne, tournons-nous vers nos corsaires nationaux et défendons nos données !

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