L’Espagne doit gérer un nouveau contentieux territorial nord-africain

Jadis à la première place de la lutte européenne contre les corsaires esclavagistes d’Afrique du Nord en Méditerranée, qui raptèrent, au fil des siècles, des millions d’Européens sur les côtes du sud de l’Europe, l’Espagne a aujourd’hui maille à partir avec l’Algérie et le Maroc. Ces derniers cherchent à remettre en cause les frontières maritimes établies entre les pays riverains.

Hier, Arancha Gonzalez Laya, la Ministre des Affaires étrangères d’Espagne, a déclaré que l’Algérie avait unilatéralement décidé de modifier le tracé de ses frontières maritimes : ces dernières s’étendraient, selon Alger, désormais jusqu’aux îles Baléares, puisque selon El Pais, l’île de Cabrera verrait une partie de ses eaux intégrées dans le nouveau tracé, voire l’île elle-même. La chef de la diplomatie espagnole se rendra, le 26 février prochain, à Alger afin d’entamer des négociations quant à ce changement, opéré depuis avril 2018. Si cette annonce n’avait pas fait beaucoup de bruit à Madrid, le gouvernement des îles Baléares a enjoint le gouvernement espagnol à se pencher sérieusement sur cette situation.

Selon Miquel Mir, le conseiller pour l’environnement du gouvernement régional des Baléares, les autorités algériennes chercheraient à mettre Madrid devant le fait accompli afin de mettre en place de futurs projets d’extraction d’hydrocarbures dans cette région espagnole protégée, ceci sous l’impulsion de la société algérienne d’Etat Sonatrach, dont le but est la recherche et l’extraction d’hydrocarbures.

Cet épisode rappelle les tensions ayant eu lieu, en 2002, entre l’Espagne et le Maroc, au sujet de la souveraineté sur l’île inhabitée de Persil, qui se trouve à 250 mètres de la côte marocaine. Un petit contingent de six soldats marocains avait débarqué sur l’île afin d’y bâtir un avant-poste, avant d’être surpris et délogé par un groupe des forces spéciales espagnoles.

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