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La gestion de la crise du coronavirus en Asie

Rédigé par notre équipe le 20 mars 2020.

La Chine semble proche de sortir de la crise

Cette semaine, seulement 10 à 24 nouveaux cas ont été signalés en Chine, ce qui indiquerait que la crise est en passe d’être maîtrisée dans le pays. En outre, pour la première fois depuis le début de la pandémie, aucun nouveau cas n’a été enregistré depuis hier à Wuhan et dans la région du Hubei, qui constituent l’origine de la maladie (et ont enregistré 84% des cas recensés en Chine). La question reste de savoir si une deuxième vague de la pandémie n’est pas en cours de maturation.

C’est le 8 janvier que l’existence du coronavirus avait été révélée. Le 23, l’ensemble des habitants de Wuhan avaient été confinés par les autorités chinoises. Ici aussi, comme en Europe, le gouvernement aura perdu beaucoup de temps avant de prendre les décisions qui s’imposent pour protéger le reste de la population. Malgré tout, le confinement n’est décidé alors qu’il n’y avait à ce moment que 830 cas déclarés et seulement 17 morts dans la région. Cette mesure a donc été prise bien plus tôt que ce que décideront plus tard les Européens.

Le pouvoir communiste chinois a, par la suite, quadrillé la population : mise en place de barrages de quartiers avec interdiction pour les non-résidents d’y entrer, cloisonnement forcé, construction d’hôpitaux et de centres de quarantaines… Si les chiffres sont peut-être falsifiés (comme bien souvent en Chine), il reste que la pandémie semble être réellement freinée dans le pays. Ainsi, ce retour d’expérience indique que la maladie peut être reflouée à partir d’une période de deux mois de confinement. Du fait de la sortie de crise en Chine, le pays a offert à la France un million de masques de protection (en retour du geste de la France, qui avait elle-même livré des masques à Pékin en début de crise).

La Corée du Sud a réussi à endiguer l’épidémie

Le coronavirus semble décroitre en Corée du Sud, et ceci sans avoir mis en place des mesures drastiques de confinement, comme en Chine, en France, en Espagne ou en Italie. Le 20 février, le nombre de cas déclarés dans le pays était de 100 cas. Dix jours plus tard, ce nombre était passé à 3 000. Mais, par la suite, le pays a été dépassé par l’Iran, les Etats-Unis et les pays Européens infectés.

En Corée du Sud, les écoles ont été fermées, les rassemblements interdits et le télétravail encouragé, mais le confinement n’a pas été déclaré. La stratégie coréenne a reposé sur la massification des tests : un vaste réseau de laboratoires a été organisé afin de pouvoir tester jusqu’à 15 000 personnes par jour. En outre, les tests ne se faisaient pas en hôpital, mais dans des lieux aménagés afin que ces derniers puissent être réalisés sans que les patients ne quittent leurs voitures, pour un traitement durant environ 10 minutes. Les Coréens déclarés positifs étaient amenés à l’hôpital, tandis que les autres pouvaient rentrer chez eux. Si la crise n’est pas terminée en Corée du Sud, la stratégie des dépistages massifs a permis d’en limiter les effets et de déceler et traiter rapidement les personnes contaminées.

Taïwan et Singapour ont rapidement contrôlé leurs frontières nationales

Taïwan a, dès le début du mois de février, interdit toute entrée dans le pays des voyageurs chinois. De plus, les Taïwanais s’étant rendus dans les provinces chinoises à risque ont rapidement été mises en quarantaine.

De la même façon, Singapour a choisi d’interdire tous les vols vers et depuis Wuhan, et ceci dès l’annonce du premier cas dans le pays. Tout étranger ayant été en Chine les 14 jours précédant ont été interdits d’entrer sur le territoire de Singapour.

Ainsi, selon les pays, c’est le confinement généralisé de la population, le dépistage préventif massif, ou encore le contrôle des frontières nationales qui ont permis de gérer au mieux la crise sanitaire. De quoi nous inspirer, en Europe, afin d’envisager une sortie du tunnel.

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