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Les télécoms se mobilisent face au coronavirus

Rédigé par notre équipe le 23 mars 2020.

La pandémie s’avère avoir aussi un impact technologique. Du fait du confinement, de très nombreux Français passent leur journée sur Internet, que cela soit pour se divertir, se tenir informés, ou encore pour continuer leur activité en télétravail (ce dernier a été multiplié par sept dans le pays). Cette surconsommation engendre des épisodes de saturation des réseaux.

Ainsi, Netflix représentait, en France, près de 25% du trafic Internet chaque soir, et ceci avant la crise du coronavirus. Aujourd’hui, son utilisation, couplée à celle des autres plateformes vidéo, peut engendrer jusqu’à 80% du trafic en soirée.

Cette surconsommation a poussé les opérateurs de télécoms à alerter sur les risques de saturation. Thomas Reynaud, directeur de Free, précisait : « Sans télécoms, le pays ne peut plus fonctionner », ce qui est d’autant plus vrai en période de confinement.

Arthur Dreyfus, qui dirige la Fédération française des télécoms, a appelé les plateformes vidéo à prendre elles-mêmes leur responsabilité afin d’éviter la saturation. Ainsi, Netflix, mais aussi YouTube, ont décidé qu’ils allaient réduire leur débit durant le temps de la crise.

Cette problématique se retrouve dans plusieurs pays. Au Royaume-Unis, un certain nombre d’entreprises de télécoms ont accusé un choc de saturation face à l’accroissement massif du télétravail. Il n’est pas rare de ne pas pouvoir utiliser son téléphone portable, tant les réseaux sont saturés.

Vodafone, un opérateur de télécom britannique, a déclaré que la crise avait, dans certains pays, accru le trafic de près de 50%. Un plan d’urgence a été mis en place par l’entreprise afin de maintenir à flot ses services. D’autres opérateurs anglais, O2 et Three, ont de même connus plusieurs pannes ces derniers jours. Ocado, un important site de livraison de courses à domicile, a quant à lui mis en place une « queue virtuelle », afin de limiter le nombre de connexions sur ses serveurs.

Il semblerait que l’emploi du téléphone fixe soit aujourd’hui plus fluide, car moins saturé en termes de réseau. De même, l’utilisation des applications d’appels via le wifi est encouragée afin d’alléger les réseaux mobiles.

Les grands sites Internet sont de même mobilisés afin d’alléger le web. Facebook et Amazon ont ainsi annoncé qu’ils allaient aussi réduire leurs débits respectifs. Dans ce contexte, des appels à repousser le lancement de l’offre streaming de Disney+ en France ont été lancés, afin de ne pas charger encore davantage les télécoms.

En outre, les télécoms sont appelés à devenir une aide de mesure du respect du confinement. L’enregistrement des données d’utilisation des consommateurs, à l’aide de la géolocalisation, permet de savoir si ces derniers sont bel et bien présents à leurs domiciles. Si ce contrôle pourrait paraître intrusif, il n’en est rien en réalité : les données sont anonymisées et agrégées entre elles afin de permettre des analyses en bloc. Pour qu’une telle mesure soit prise, les télécoms devraient convenir d’accords spécifiques avec la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés). En Italie, ces données sont déjà utilisées afin de mesurer l’application du confinement.

La crise sanitaire qui fait aujourd’hui rage nous rappelle ainsi que, dans nos sociétés modernes, le trafic Internet est devenu une ressource comme une autre, que l’on doit parfois rationner, redistribuer, et entretenir afin d’éviter toute pénurie du réseau.

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