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L’Afrique craint d’être ravagée par le coronavirus

Rédigé par notre équipe le 02 avril 2020.

Aujourd’hui, seulement 5 pays sur 54 sont, provisoirement, épargnés par la pandémie en Afrique. Selon l’Organisation mondiale du commerce, le continent va être entièrement et fortement touché.

Les points forts et les points faibles de l’Afrique sont doubles face à la crise : les personnes âgées de plus 65 ans ne représentent que 3% du continent, ce qui limite les risques catastrophes liés à la vieillesse, dans un pays où l’âge médian est d’environ 20 ans. Toutefois, le continent recèle une très grande quantité de personnes touchées par des maladies pulmonaires, telle la tuberculose, ou de maladies qui affaiblissent l’organisme, comme le paludisme. Autant de maladies qui rendent leurs porteurs à risque face au coronavirus.

En outre, le confinement apporte aux populations pauvres du continent les mêmes risques alimentaires qu’en Inde : quand la grande majorité des revenus sont perçus de manière journalière, tout confinement fragilise les capacités à acheter de la nourriture à court terme.

Aussi, ces mesures peuvent engendrer des situations violentes : au Congo, le gouvernement avait tenté de mettre en place un confinement partiel, de quatre jours par semaine, dans la ville de Kinshasa, qui est peuplée de plus de 13 millions d’habitants. Ce dernier n’a pu être maintenu à cause des risques d’émeutes urbaines.

Par ailleurs, le manque de moyens fait que les personnes malades n’auront pas le réflexe, ou la possibilité d’aller se faire dépister en centre médical.

Enfin, le confinement mis en place dans plusieurs pays africains fait peser d’autres risques sur la population : le ralentissement des vaccins de routine pour les enfants pourrait entrainer une explosion des cas de rougeole. La rougeole avait tué, en 2018, 140 000 personnes dans le monde, davantage encore qu’Ebola.

Alors que de nombreux bidonvilles sont présents en Afrique, la promiscuité des habitants pauvres constitue des réservoirs importants de propagation du virus. A ceci s’ajoute l’impossibilité pour de nombreux Africains d’avoir accès à l’eau courante, et donc de pouvoir régulièrement se laver les mains.

Selon Antonio Guterres, Secrétaire général de l’ONU, l’Afrique doit devenir la cible prioritaire de la lutte contre le virus. Du fait du manque de moyens et de ressources financières, le continent pourrait, en effet, devenir demain le premier foyer mondial du virus. Si aucune mesure de lutte n’est prise, des millions d’Africains pourraient être contaminés. De plus, une « installation » du virus sur le long terme donnerait davantage de chance à ce dernier de continuer à muter, ce qui pourrait rendre obsolète tout futur vaccin mis en place pour le virus actuel.

Enfin, la porosité, bien souvent voulue et organisée, des frontières européennes vis-à-vis de l’Afrique, constitue un risque pour l’Europe. Les nations européennes auront-elles la volonté, une fois la crise passée en Europe, de continuer à maintenir leurs frontières communes fermées vis-à-vis de l’Afrique en cas de pandémie émanant sud ? Rien n’est moins sûr. Venir en aide à l’Afrique est donc une nécessité absolue ; dans le cas contraire, une deuxième vague pandémique adviendrait sans doute en Europe, provoquant une nouvelle crise sanitaire après celle que nous vivons actuellement.

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