L’Union Européenne a validé un plan de sauvetage de 500 milliards d’euros

Jeudi soir, les Ministres des Finances de l’Union Européenne se sont mis d’accord, par visioconférence, sur la mise en place d’un plan de sauvetage européen de 500 milliards d’euros. Ce plan comportera 240 milliards d’euros à travers le mécanisme européen de stabilité pour les dépenses de santé, 100 milliards d’euros afin de venir en aides aux entreprises et salariés en chômage partiel, et 200 milliards d’euros en aide aux entreprises qui pourront être financés directement par la Banque européenne d’investissement.

Un plan de relance, une fois la crise finie, serait de même en discussion, poussé par la France. Selon Bruno Le Maire, cette décision marque un « jour important » pour l’UE. C’est aussi l’avis du Ministre allemand Olaf Scholz, qui voit dans ce plan la marque de la « solidarité européenne ».

Récemment encore, les pays de l’UE étaient extrêmement divisés sur ce dossier. Les pays du nord, partisans d’une stricte observance des dogmes de l’UE, ne souhaitaient pas entendre parler de plan commun, tandis que les pays du sud militaient, quant à eux, pour une mutualisation de la dette à l’échelle de l’UE.

Un consensus a donc fini par émerger : aucune condition de réforme n’est préalable au lancement du plan, chose que refusait catégoriquement l’Italie, assimilant cette éventuelle obligation comme une perte de souveraineté. Mais, à l’inverse, les Etats bénéficiaires de cette aide s’engagent à n’utiliser les fonds que pour traiter les conséquences directes ou indirectes de la pandémie. Ainsi, le nord accepte de mettre en place une solidarité envers le sud, à la condition que ces financements ne soient dirigés qu’à des fins de lutte contre la pandémie. Une demande somme toute entièrement légitime.

S’il n’est toujours pas question d’une mutualisation de la dette, via des « corona bonds », l’UE n’est pas opposée à construire un plan de relance ultérieur, afin de redynamiser l’économie européenne. Toutefois, ce plan serait financé par le budget de l’UE et la mise en place de plans spécifiques. Pas de mutualisation à l’horizon, donc, mais la volonté de faire front commun malgré tout.

Selon Bruno Le Maire, qui s’exprime pour le Figaro : « Chacun a été très marqué par les seize heures de négociation de la nuit derrière. Passées l’émotion et la fatigue, chacun a vu qu’il n’était pas possible de continuer comme ça. C’était soit un accord, soit un risque de dislocation européenne ». Face à ce risque, il semblerait qu’Emmanuel Macron et Angela Merkel aient réussi à faire flancher Mark Rutte, le Premier ministre des Pays-Bas. En définitive, il s’agit du plus important plan économique adopté par les membres de l’Union Européenne.

Le déblocage de la situation, sans doute déterminé par l’action d’Angela Merkel envers son homologue néerlandais, semblait nécessaire afin d’éviter de continuer à dégrader l’image de l’UE, mais aussi de l’Allemagne, parmi ses partenaires du sud. L’Italie engrangeait notamment de la rancœur vis-à-vis de Berlin, accusé notamment de ne pas se souvenir que l’Allemagne avait, elle-aussi, reçue de nombreuses aides européennes dans les années 50, afin de favoriser sa reconstruction. Prise entre les souverainistes de l’AfD et les exigences européennes de solidarité, Angela Merkel a donc choisi le compromis : la solidarité sans la mutualité.

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