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La France participe à la modernisation de l’armée taïwanaise

Rédigé par notre équipe le 18 mai 2020.

La République de Chine, plus connue sous le nom de Taïwan, cherche à moderniser ses six frégates Kang Ding, et notamment à mettre à jour leurs lance-leurre DAGAIE-MK2, de fabrication française, pour un montant de 24 millions d’euros. L’entreprise française DCI-DESCO serait chargée de cette mise à niveau. Cette dernière est, en grande partie, financée par l’Etat français. Le groupe Lacroix devrait, quant à lui, mettre à niveau les nouvelles munitions lance-leurre.

Comme attendu, la Chine (République Populaire de Chine) a vivement protesté contre la vente d’armement à Taïwan. Toutefois, la France a balayé ces protestations. On se rappelle que, en avril 2019, les autorités chinoises avaient déjà dénoncé la présence d’une frégate française dans le détroit de Taïwan, considéré par la République Populaire de Chine comme ses propres eaux territoriales. En effet, pour la Chine, Taïwan est toujours un territoire pleinement chinois et voué à lui être à nouveau rattaché.

Cette situation perdure depuis 1949 : vaincu en Chine continentale par les communistes, Tchang Kaï-Chek et plusieurs de ses fidèles s’exilent sur l’île de Taïwan, faisant partie du territoire de la Chine historique. Toutefois, dans l’espoir de reprendre un jour la Chine aux communistes, les nationalistes chinois refusent de déclarer l’indépendance de Taïwan, considérée par ces derniers comme le dernier territoire de la « vraie » Chine. Depuis lors, deux Chine(s) existent officiellement, chacune niant la légitimité de l’autre.

Bien qu’un rapprochement ait eu lieu, dans les années 2000, entre les deux Chine(s), leurs relations se tendent à nouveau avec la victoire des indépendantistes taïwanais, en 2016. Ces derniers sont favorables à une déclaration d’indépendance formelle de l’île et au renoncement au système des « deux Chines ».

En 2017, Donald Trump a autorisé les navires de guerre américains à faire escale à Taïwan, chose qui n’était plus arrivée depuis 1979, année où les Etats-Unis avaient officiellement reconnu la Chine communiste.

L’année suivante, le Taiwan Travel Act autorisait les officiels américains à se rendre à Taïwan afin de rencontrer les personnalités politiques de l’île. S’en sont suivis des transferts technologiques dans le domaine de la guerre sous-marine. Autant d’actes perçus par Pékin comme une attitude hostile de la part de l’Occident.

La France, signataire de la déclaration franco-chinoise de 1994, soutient que sa politique reste basée sur le principe « d’une seule Chine » et ne fait que respecter des engagements contractuels noués avec Taïwan.

Le 20 mai, Tsai Ing-wen va entamer son deuxième mandat à la tête de Taïwan. Farouchement opposée au régime chinois, la présidente taïwanaise défend le modèle démocratique occidental et la souveraineté de facto de l’île. Signe du soutient renouvelé des Etats-Unis à Taïwan et à sa présidente, le navire de guerre USS McCampbell a traversé le détroit de Taïwan au mois de mai, faisant fi, à nouveau, des protestations de Pékin. En avril, les Etats-Unis ont mené neuf missions de surveillance dans l’espace aérien de Taïwan.

Le message est clair : le pivot stratégique opéré par les Etats-Unis en Asie passe, de manière incontournable, par le soutien au régime de Taïwan face à la Chine continentale.

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