Covid : la peur, mauvaise conseillère ?

Plutôt que de parier sur l’intelligence des citoyens, nos gouvernants ont choisi de leur faire peur; la terreur État, un mode de gouvernement bien français ?

Car au fond, quelle a été la politique gouvernementale à l’occasion de la pandémie de la Covid 19 ?

Mû par l’unique principe de précaution (lequel ne veut au fond rien dire), l’ État Français a d’abord opté pour une information inexacte, en mentant sur des faits avérés, c’est-à-dire le manque crucial de masques de protection et l’absence de moyens de dépistage. L’exemple de certains pays asiatiques, tels que la Corée du sud, Singapour ou Hong Kong, face à une épidémie de grippe à très forte vitesse de propagation mais à peine plus mortelle que la grippe saisonnière (létalité de 0,53% versus 0,30%), aurait pu inspirer notre gouvernement. Faut-il rappeler que la grippe dite de Hong Kong (1968/1969) aura provoqué probablement plus de morts en France ?

Ces pays ont protégé efficacement leur population ; Corée, 264 morts pour 51 millions d’habitants, Singapour, 22 pour 5,6 M/H et Hong Kong, 4 pour 7,4 M/H, ce dernier pays ayant une densité exceptionnelle de population.

Certes, ces nations sont disciplinées et habituées au port du masque. Mais enfin, pourquoi n’avoir pas en France dit la vérité sur nos manques, ordonné immédiatement le confinement et la fermeture des frontières, avant de mettre en place des mesures autoritaires pour réquisitionner l’économie dans la production de masques et d’entamer une politique de dépistage ?

Au lieu de cela, les autorités ont résumé leur politique au confinement, prétendant qu’il n’y avait pas de traitement et que les masques et le dépistage étaient inutiles. Le sommet fut atteint par Sybeth Ndiaye, la porte-mensonge (et accessoirement porte-cigarette)  du gouvernement qui a osé expliquer son revirement sur l’utilité du masque par les avancées de la connaissance scientifique sur le virus depuis le début de l’épidémie.

Cette politique a été relayée fidèlement par les médias mainstream, sans le moindre esprit critique, en se bornant à terroriser la population en présentant quasi exclusivement des reportages anxiogènes sur les hôpitaux encombrés, et les pays incapables de lutter efficacement. Le tout avec un mépris marqué pour d’autres nations comme l’Italie et les Etats-Unis (93000 morts pour 328 M/H, soit dit en passant, avec une mortalité inférieure avec un système de santé plus sommaire).

Pour mater la rébellion, notre gouvernement est allé jusqu’à voter une loi d’amnistie préventive -du jamais vu- et créer une site de « réinformation », aussi ridicule que vite fermé.

Et notre Président, encore récemment, a justifié cette communication de crise mensongère, au motif qu’il n’aurait servi à rien de dire la vérité face à nos carences.

Chaque grand week-end traditionnel a été précédé d’une communication sur les contrôles massifs (et les verbalisations qui vont avec) qui ne manqueraient pas d’être organisés un peu partout en France.

Tout cela n’a pas empêché une frange -aisée- de la population de se mettre au vert qui dans sa maison de campagne, qui dans une discrète location. Les prolos seront ainsi verbalisés, mais pas de contrôles sérieux ou d’exemples, les copains journalistes et autres people pouvant se faire prendre…

Les Français n’oublieront pas cette politique hyper centralisée et méprisante. Il faut bien se dire que le classement en rouge ou vert (l’orange a été abandonné) des départements n’a pu qu’être décidé au plus haut niveau. Il nous faut imaginer une réunion des ministres concernés à l’Elysée… Il faudra que l’on m’explique pourquoi la Haute-Savoie a pu bénéficier du statut « vert », alors que les mouvements de la population y sont forts et concentrés. Idem pour le Rhône et la ville de Marseille.

On peut sérieusement craindre que notre pays sera incapable de réaliser l’indispensable retour d’expérience, qui ne ferait que mettre en exergue les fautes de nos gouvernants hors-sol.

On remarquera cependant une montée en puissance des modes alternatifs d’information, essentiellement par le Web, à la faveur de la crise de la Covid 19. Mais ce qui devrait être le gage d’un profond changement de l’expression de l’opinion publique, et d’une évolution de notre démocratie, se heurte à une offensive tous azimuts de notre gouvernement, à l’aide de médias serviles et, bien plus grave, d’instruments légaux liberticides.

La loi Avia constitue le dernier avatar de cette offensive. L’ État, incapable d’assurer par sa Justice croupion la répression des délits de presse (loi de 1881), délègue là aux  réseaux sociaux et aux éditeurs la tâche de censurer les « contenus haineux ». Et on peut douter que nos plus hautes instances judiciaires censurent ce dispositif scélérat.

Ce régime de terreur et de censure généralisée nous emmène doucement mais sûrement vers « 1984 ».

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A propos de l'auteur Thierry Sautier

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