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Trump souhaite lancer une enquête contre Google, Twitter et Facebook

Rédigé par notre équipe le 28 mai 2020.

Trump avait déjà, par le passé, accusé ces trois acteurs phares du numérique américain de prendre partie pour le camp démocrate. Alors que la campagne pour sa réélection a été lancée, le Président américain semble, cette fois, vouloir surveiller de près leurs actions métapolitiques.

Donald Trump a ainsi annoncé qu’une commission d’enquête pourrait être mise sur pieds, afin de surveiller les biais antirépublicains, voir les possibles actions de censure, que ces trois acteurs seraient éventuellement tentés de mettre en place.

Sur Twitter, Donald Trump avait ainsi déclaré : « La gauche radicale est aux commandes de Facebook, Instagram, Twitter et Google ». Précisant que cette situation était « illégale ». Twitter s’est notamment défendu contre ces attaques, arguant que le règlement de la plateforme s’appliquait également pour tout le monde.

Il y a un an, durant l’été 2019, la Maison Blanche avait déjà organisé un sommet sur les réseaux sociaux. Des conservateurs de la Silicon Valley y avaient été invités, mais pas les représentants des différentes plateformes. Là aussi, la rencontre avait tourné autour de la censure de la pensée conservatrice en ligne.

Selon un sondage de Pew Research Center de 2018, et publié par Le Figaro, 64% des sympathisants républicains penseraient que les réseaux sociaux sont biaisés en défaveur des Républicains, et pour les Démocrates.

Aux Etats-Unis, les Républicains ont entamé un véritable bras-de-fer avec les GAFA : menaces de sanctions, de régulations, voire même de purs démantèlements (peu probable, au vu de l’intérêt stratégique à ce que ces plateformes soient américaines).

En outre, ces plateformes sont, aussi, sous la cible des critiques démocrates, lorsqu’elles tentent de se rapprocher de la Maison Blanche. Ainsi, plusieurs grands dirigeants du secteur technologique américain ont été incendiés par le camp démocrate pour avoir dîné avec le Président, tout en critiquant sa politique migratoire.

En janvier 2020, un ancien journaliste de Fox news, chaîne réputée très conservatrice, a été présenté comme le futur responsable de la vidéo News de Facebook. Cette nomination est perçue comme un gage de Mark Zuckerberg envers Donald Trump.

Malgré les tensions, les GAFA sont pourtant bien perçues comme un outil d’influence des Etats-Unis dans le monde. Ainsi, Donald Trump les protège contre toute tentative de régulation extérieure : lorsque la France, cherchant à faire participer les GAFA opérant dans le pays, a cherché à mettre en place une « taxe GAFA », Trump a alors menacé de mettre en place un ensemble de droits de douanes, sur de multiples produits, pouvant aller jusqu’à 100%.

Fortement dépendant des réseaux sociaux, et notamment de Twitter (son compte contient 70 millions d’abonnés), Donald Trump joue au poker pour améliorer le rapport de force au profit de la Maison Blanche. Toutefois, sa dépendance réelle aux réseaux (la majorité des grands journaux étatsuniens sont anti-Trump) l’oblige à composer avec les GAFA.

Si ces débats sont courant aux Etats-Unis, la neutralité des réseaux sociaux et leur impact sur les élections n’est encore que peu abordé en France. Si les journaux imprimés ont été réputés, très longtemps et à raison, comme majoritairement libéraux et libertaires, la petite révolution culturelle de la Manif pour Tous a entraîné l’apparition d’un certain nombre de nouveaux journaux imprimés, qui offrent aujourd’hui davantage de diversité d’opinion, notamment de droite (conservatrice ou non), que par le passé.

Mais qu’en est-il des réseaux sociaux ? La question mérite d’être posée, alors que 2022 se rapproche à grands pas.

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