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La convention citoyenne pour le climat échoue à faire vibrer le peuple écolo

Rédigé par notre équipe le 04 juillet 2020.

Le 29 juin, Emmanuel Macron a discouru sur les 149 propositions proposées par « les 150 », soit le groupe de citoyens tirés au sort afin d’élaborer des propositions visant à baisser radicalement les émanations de gaz à effet de serre en France, d’ici 2040.

Loin de faire l’unanimité, les propositions de la convention ont oscillé entre conformisme techniciste et déclarations pieuses, bien que comportant quelques idées intéressantes. La convention avait été pensée à la suite du « Grand débat national », qui devait, entre autres, apporter des réponses à la crise des Gilets Jaunes.

Certaines propositions sont les bienvenues : par exemple, l’interdiction des publicités dans les espaces publics extérieurs, la fin de l’accroissement continu des zones périurbaines, l’interdiction de plusieurs produits polluants dans l’agriculture, ou encore l’interdiction des véhicules les plus polluants.

D’autres, à l’inverse, sonnent bon l’idéologie. Telle est la proposition de reconnaître juridiquement le crime d’ « écocide », la volonté de réquisitionner les logements et bureaux vides, d’interdire la location d’immeubles n’étant pas assez thermiquement performants, ou encore l’interdiction d’éclairer les devantures de magasins la nuit.

Si Emmanuel Macron a salué le travail de la convention, il a toutefois retoqué trois de ses propositions. Nous échappons, avec soulagement, à la limitation de 110 km/h sur l’autoroute. Sage décision après le fiasco du passage au 80 Km/h. La taxation des dividendes des entreprises à partir de 10 millions d’euros a de même été écartée, mesure qui n’aurait pas manqué de créer des départs massifs de sièges sociaux, ou de décourager des entreprises souhaitant s’installer en France. Enfin, la Constitution ne sera pas modifiée.

Les réceptions, quant à elles, auront été mitigées : si la République en Marche et EELV ont soutenu massivement les propositions de la convention, LR et le RN ont, quant à eux, repoussé ce qu’ils ont considéré comme « une usine à taxe » pour le premier, et un ensemble de propositions « loufoques » pour le second.

Par ailleurs, les participants de la convention ont auditionné de très nombreux experts (près de 140). Pour certains, leur présence a influencé les citoyens et les ont empêché d’élaborer des idées nouvelles et innovantes pour le climat, rendant le rapport final trop technique et consensuel. En outre, ces experts ont été, pour certains d’entre eux, très politisés. La présence de nombreux intervenants faisant partie d’ONG a été relevée.

Loin de créer le grand sursaut que certains attendaient, la convention citoyenne pour le climat semble davantage condamnée à donner le change auprès du peuple français quant aux questions écologiques. Il n’est pas sûr que le Président s’en tire si facilement après les déconvenues des dernières élections législatives.

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