Droit d’asile, on est chez les fous !

moukhtar abliazov

Vendredi 16 octobre, vers 17 heures, un professeur d’histoire-géographie était décapité à Conflans-Sainte-Honorine dans les Yvelines, près du collège où il enseignait. Charlie Hebdo, islamisme, escroqueries, immigration et droit d’asile : en France, les drames se suivent et se ressemblent.

Adieu, monsieur le professeur… vendredi dernier, Samuel Paty n’a pas seulement été victime de la barbarie islamiste ; il paie aussi le prix d’une lâcheté généralisée, dissimulée dans les moindres rouages du système judiciaire, politique et journalistique.

Le 5 octobre dernier, dans le cadre d’un cours sur la liberté d’expression, le professeur montre à ses élèves – en invitant ceux qui pourraient être choqués à détourner le regard – deux caricatures du prophète Mahomet. Scandale chez les parents d’élèves musulmans, multiplication des happenings devant l’établissement scolaire et menaces en vidéo de la part du père de l’une des élèves…

On connaît désormais la spirale infernale : le rectorat qui a soigneusement évité de soutenir le professeur, un parent d’élève qui n’a pas hésité à échanger des messages avec le futur assassin… Vendredi, l’assaillant était finalement devant la grille du collège, haranguant les élèves. Samuel Paty sera décapité quelques minutes plus tard et son bourreau sera abattu après avoir tiré à l’arme de poing sur les forces de l’ordre.

Anzorov, faux réfugié, vrai islamiste

Le drame aurait pu être évité. En 2008, le futur bourreau et sa famille sont entrés illégalement sur le territoire français. En 2011, malgré un avis contraire de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) avait accordé le statut de « réfugié » à Abdoullakh Anzorov et ses proches. Cerise sur le gâteau, selon le procureur national antiterroriste Jean-François Ricard, le terroriste aurait même bénéficié, il y a six mois, d’une carte de séjour valable 10 ans.

Une fois de plus, le droit d’asile est dévoyé : chaque année, des milliers de ressortissants étrangers profitent de cette faille dans notre système d’accueil. En octobre 2019, face au Conseil de l’Europe, Emmanuel Macron lui-même parlait d’un « détournement » du droit d’asile. En 2018, la France avait comptabilisé 11 000 demandes de droit d’asile, une augmentation de 20% pour la seconde année consécutive. Des demandes, qui, même lorsqu’elles sont déboutées, n’aboutissent que très rarement à des expulsions.

Abliazov, Pavlenski : faux réfugiés, vrais voyous

Des mots mêmes du président de la République, nous assistons donc bel et bien à un détournement du droit d’asile. Ce dernier n’est plus l’ultime bouée de sauvetage envoyée par une France généreuse à des artistes, des penseurs, ou de vrais ou prétendus militants prisonniers des flots d’États autoritaires. C’est désormais une simple formalité juridique qui permet d’arriver en France, de profiter de son dédale administratif pour s’y installer et finalement ne jamais en être expulsé.

Et si l’épisode de Conflans-Sainte-Honorine a cruellement mis en lumière le profil douteux de certains réfugiés en provenance de Tchétchénie, c’est plus généralement la Russie et toute l’Asie centrale qui est concernée. Derniers exemples en date : l’oligarque Moukhtar Abliazov et l’artiste Piotr Pavlenski.

Réfugié politique : un statut refuge

Le premier est un riche homme d’affaires qui a fui le Kazakhstan en 2009 après avoir fait main-basse sur une partie des fonds de la banque qu’il dirigeait jusqu’a alors, la BTA, ce qu’il dément depuis toujours. Un hold-up à 6 milliards de dollars, qui amène Moukhtar Abliazov à se réfugier en Grande-Bretagne. Dénoncé comme un malfaiteur par la justice anglaise, il trouve refuge en France… Et demande l’asile ! Prétextant être poursuivi par la justice kazakhe pour des motifs politiques, le milliardaire au profil d’escroc va encombrer l’administration française pendant des années, lui permettant de rester tranquillement en France jusqu’à aujourd’hui.

En 2016, le Conseil d’État retoque même la décision de la justice française qui avait fini par ordonner l’expulsion de Moukhtar Abliazov. Et le 29 septembre dernier, la CNDA (encore elle !) lui accorde le statut de réfugié politique. Une immunité qui n’a duré que quelques jours car la justice française a su faire preuve de fermeté en mettant en examen Moukhtar Abliazov pour « abus de confiance aggravé » et « blanchiment aggravé ».

Preuve, s’il en fallait une, que le droit d’asile français est bel et bien un statut refuge pour les criminels du monde entier, mais qu’avec une volonté politique et juridique ferme, il n’est pas un blanc-seing accordé par la République à ceux qui abusent de sa générosité. Une volonté qui a manqué dans le traitement de la famille tchétchène de Conflans-Sainte-Honorine, mais aussi sur le dossier Piotr Pavlenski.

Ingratitude pour la nation

En 2017, quand Piotr Pavlenski obtient l’asile politique en France, la presse hexagonale ne cache pas sa satisfaction. Présenté comme un « opposant à Vladimir Poutine », l’artiste contemporain a en effet été condamné à plusieurs reprises en Russie pour ses œuvres « d’art politique », notamment après avoir incendié les portes du siège de l’ex-KGB à Moscou. Un esprit provocateur victime d’un régime autoritaire ? La CNDA s’empresse d’accorder au trentenaire russe le précieux sésame du statut de réfugié. Petit bémol : l’agitateur continue de faire des siennes dans l’Hexagone.

Quelques mois après avoir trouvé asile en France, il incendie une filiale de la Banque de France à Paris et en 2020, il déstabilise la campagne municipale de Paris en mettant en ligne des vidéos intimes du candidat Benjamin Griveaux. Des opérations de communication présentées comme des « œuvres politiques et artistiques », mais qui reflètent surtout une ingratitude pour la nation qui l’a accueilli.

Islamistes dangereux, oligarques mafieux, artistes peu scrupuleux accueillis aux frais des contribuables français… Le droit d’asile français sert désormais de refuge aux justiciables du monde entier. Le réformer en profondeur et le restreindre au strict nécessaire est devenue une nécessité politique de premier plan, et pourrait bien être l’un des thèmes majeurs de la prochaine élection présidentielle.

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