Le néo-gauchisme, nécessaire déficit démocratique français ?

On observe aujourd’hui une montée en puissance d’un néo-gauchisme qui ressemble bien à la maladie infantile décrite par Vladimir Ilitch Oulianov dit Lénine. Une partie de l’opinion soutient les discours et les actions de militants qui dénoncent et attaquent directement tout ce qui représente les pouvoirs et les classes dirigeantes. Il est même de bon ton d’opter pour des actions et coups de force tout aussi violents qu’illégaux, légitimés par leurs auteurs face à un pouvoir qui serait intrinsèquement non-démocratique et violent.

La construction démocratique 

La démocratie moderne, réalisée à Athènes avec les assemblées comme la Boulé et l’Ecclésia, fut exercée par une élite. Ses initiateurs voulaient, en réalité, donner un corpus juridique à un mode d’expression et d’exercice du pouvoir ancestral ; celui du chef de village et son conseil des anciens. La nomination du chef y était naturellement réalisée, fruit de l’âge et la sagesse supposée de celui qui était choisi. Il pouvait ainsi prendre des décisions essentielles à la population villageoise et trancher les différends sans opposition.

Ainsi naquit l’idée de donner des règles pour présider à la nomination du chef du groupe social, par une assemblée démocratique, représentant nécessairement l’expression populaire de la Cité-Etat.

Dès lors qu’aux XVIIIe et XIXe siècles, dans un contexte de développement économique, le peuple s’est trouvé en rupture avec son monarque. On élabora, pour éviter d’affronter une révolution récurrente, des constitutions et décida de consacrer la souveraineté par l’expression du suffrage universel et l’élection de représentants du peuple. On pouvait légitimement penser que l’élévation du niveau de vie et la généralisation de l’instruction publique permettraient d’installer durablement et pacifiquement la démocratie.

Le déficit démocratique des États modernes

On sait cependant que les démocraties modernes au XXe siècle n’ont pas réussi à donner la réalité du pouvoir aux peuples. Les classes dirigeantes et les élites économiques se sont saisies de la réalité du pouvoir. Les élections, certes objectivement démocratiques, ne servent plus qu’à sanctionner les gouvernements franchement mauvais ou à assurer périodiquement l’alternance entre les pôles progressistes et conservateurs, eux-mêmes accaparés par les élites. Ce sont les pays ayant ces deux grands blocs capables d’absorber et ainsi de neutraliser leurs extrême-gauche et extrême-droite qui représentent les grandes démocraties, comme les USA et le Royaume-Uni. Pour autant, la prégnance des grands dirigeants et de leurs entreprises a permis la confiscation du pouvoir réel.

Une première vague gauchiste s’appuyant sur le vieillissement de la classe politique se développa aux USA et dans la vieille Europe à la fin des années soixante. Mais ces éruptions étaient avant tout sociétales, de sorte qu’elles n’avaient aucune chance de modifier le fonctionnement de nos démocraties incapables de répondre aux aspirations populaires.

La fin du XXe siècle et la période actuelle sont caractéristiques de la dégradation de l’exercice démocratique et coïncident pourtant avec la perte de puissance des Etats souverains, au profit d’une oligarchie économique associée à de très grandes entreprises transnationales. Google, Amazon et Facebook disposent d’un pouvoir considérable, jamais vu, qui s’est emparé d’une communication devenue mondiale, des idées fortes et du commerce.

Les grands dirigeants de la planète, sont, peu ou prou, les représentants de ces grandes entreprises. Les présidents chinois, américains et indiens sont à la fois à la tête de leur Etat et ces représentants. Notre Macron national, président sans opposition de poids, n’est qu’un super employé de banque, qui occupe sa population avec des sujets d’actualité tandis qu’il met en pièce l’Etat national au profit du grand marché.

L’Europe comme terrain d’excellence

C’est la vieille Europe qui a présenté les accès de fièvre gauchiste les plus saillants. Ce néo-gauchisme n’a pourtant rien à voir avec 1968. Car la population française a aujourd’hui d’autres préoccupations qu’à cette époque, où les révoltés prétendaient remplacer un pouvoir bourgeois. Les Français ont besoin d’un retour de l’ordre public, d’une équitable répartition de la richesse entre eux, et de l’arrêt de l’immigration. C’est aussi simple que cela.

Ces idées simples n’ont pas de relais dans les médias mainstream, si ce n’est par la présence de quelques leaders d’opinion, comme Eric Zemmour et Alain Finkielkraut, qui ne doivent leur présence sur les écrans que parce qu’ils font de l’audience.

Ces médias restent pourtant très favorables aux idées dites de gauche et leurs succédanés, tels que les mouvement pro GPA, indigénistes, anti-racistes, militants LGBTQ et autres revisiteurs anticoloniaux de notre Histoire nationale. Cette attitude est combinée à une lutte sans merci contre toutes les opinions traditionnelles et souverainistes. Les services check-news font florès, s’employant à décrédibiliser toutes les idées contraires à la doxa dominante. Ces idées d’un autre temps, nauséabondes, causes de nos grands malheurs, que l’on chasse à coup de reductio ad hitlerum.

Le répression féroce du gouvernement contre le mouvement des Gilets Jaunes, grâce à une police soutenue malgré ses violences caractérisées, et une justice aux ordres,  ont illustré la peur des autorités face à une authentique révolte populaire venue des gens d’en-bas. Et leur coupable indulgence à l’égard des black-blocs ravageant les centres-villes en toute impunité n’a au fond pas fait l’objet de débats dans les médias.

Le calme est miraculeusement revenu grâce aux mesures liberticides associées à la crise du Covid. 

Un déficit démocratique qui ouvre la voie au gauchisme

Quand un peuple n’a au fond la parole qu’une fois tous les cinq ans pour arbitrer une option biaisée, le candidat du système et celui du R.N, que lui reste-t-il ? Rien, et c’est pour cela que le système ne peut plus être contesté que par une expression hors-champ démocratique. Ainsi le néo-gauchisme peut opérer dans les médias et les réseaux sociaux. Il est de bon ton de manier l’injure, l’ostracisme, et de violer la loi pour une bonne cause. 

Il est cependant à craindre que la crise sanitaire passée, les Français, qui ne se reconnaissent pas dans ce néo-gauchisme, descendront dans la rue lorsque l’Etat, ruiné par le véritable suicide économique qu’il a lui-même organisé, sera devenu incapable de soutenir la consommation à coup de milliards imprudemment empruntés.

  

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A propos de l'auteur Thierry Sautier

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