Que peut-on espérer d’un gouvernement qui a peur, si ce n’est de nous maltraiter ?

L’opinion publique est devenue déterminante pour l’action gouvernementale. Or ce gouvernement a peur d’être jugé incapable de gérer une crise sanitaire qui préoccupe l’opinion. De sorte qu’il ne peut plus que gouverner que par la peur, seule capable, sinon de contrôler le peuple en tout cas de soumettre l’opinion.

Car au fond, quel est l’élément majeur qui a motivé la politique désastreuse du gouvernement dans la crise du Covid ? Au premier chef, la peur de voir dénoncé l’engorgement des hôpitaux et de leur service de réanimation. Le confinement avait un but ; lisser l’émergence d’une pandémie sans traitement connu. Et puis se prémunir contre une inéluctable judiciarisation. Judiciarisation qui conduirait les responsables politiques devant la Cour de justice de la République, (C.J.R) dont on sait qu’elle est éminemment politisée. Douze parlementaires (six députés et six sénateurs) et trois magistrats issus de la Cour de cassation. La C.J.R s’est déconsidérée à plusieurs reprises en rendant des décisions surréalistes ou injustes. Il faut toujours se méfier des juridictions d’exception. Ainsi les plus hauts responsables politiques ont bénéficié de mises hors de cause incompréhensibles, ou encore de peines indéfendables. Christine Lagarde, reconnue coupable de « négligence » dans l’affaire Tapie et dispensée de peine, disposition pourtant réservée aux petits délinquants nécessiteux et ayant réparé le préjudice causé. Là, on parlait de plus de 400 millions d’euros accordés au terme d’un arbitrage truqué, dont les membres  ne sont toujours pas jugés définitivement…

Pour autant, nos politiques, ministres et président à la manœuvre aujourd’hui ne sont pas à l’abri d’un changement de majorité et par conséquent d’une composition hostile de la Cour de justice.

Le principe de précaution

La déclaration de Rio nous dit que « En cas de risque de dommages graves ou irréversibles, l’absence de certitude scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l’adoption de mesures effectives visant à prévenir la dégradation de l’environnement.». Mais ce sont les chefs d’État de 189 pays qui ont créé ce principe de précaution, manière adroite de légitimer et de dépénaliser indistinctement toutes les décisions prises en matière de santé publique. 

Et la France de transcrire le texte via la loi Barnier en 1995, codifié ainsi dans le Code de l’environnement ; « l’absence de certitudes, compte tenu des connaissances  scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l’adoption de mesures effectives et proportionnées visant à prévenir un risque de dommages graves et irréversibles à l’environnement à un coût économiquement acceptable ».  

Autrement dit, on peut instituer couvre-feux, assignation à résidence généralisée et contrôles de tous les déplacements tout en se prévalant de son ignorance… C’est la garantie de l’irresponsabilité politique.

Une sidération médiatique

La préparation d’artillerie médiatique du gouvernement aura dépassé tout ce que nous connaissions jusqu’à aujourd’hui. Il fallait d’abord faire peur. On nous a servi les pires images ; camions frigorifiques à New-York, couloirs d’hôpitaux encombrés, jusqu’au creusement de fosses communes. Une manipulation des chiffres éhontée et qui perdure ne permet toujours pas de savoir la réalité des conséquences sanitaires de la pandémie.

La manière de comptabiliser les décès change d’un pays à l’autre. Elle a même été changée dans notre pays. N’ont d’abord été recensé que les décès “ Covid ” à l’hôpital, mais on avait oublié les chiffres des EHPAD. Les chiffres ont donc été sous-estimés ou surestimés.Car sait également que l’on a attribué au coronavirus des morts suspectes et comptabilisé tous les décès liés à des terrains de comorbidité caractérisés. Le but de l’information officielle étant de sidérer l’opinion, on a systématiquement opté pour les pires chiffres. Ainsi le danger extrême pouvait dès lors justifier toutes les mesures du gouvernement. Le niveau d’acceptation de la population des mesures restrictives des libertés a été extraordinaire. 

D’autant que ces dispositifs s’inscrivent dans une évolution constante vers la réduction des libertés publiques.

Une occasion de plus pour réduire les libertés

Ne nous y trompons pas. Les Français sont demandeurs aux dispositions garantissant leur sécurité, quitte à rogner sur leurs libertés. Philippe Bilger pense que cette évolution, qui accompagne les nouveaux dangers sociaux (terrorisme, santé publique), n’est pas de nature à installer une régime attentatoire à la démocratie. Mais les dernières décennies ont montré que ces mesures légales n’étaient pas remises en cause, si ce n’est ponctuellement par la censure judiciaire. La loi du 8 juin 1970 « tendant à réprimer certaines formes nouvelles de délinquance », selon son intitulé, dite loi anti-casseurs, avait ouvert la voie à la répression d’un délit particulier, consistant à pénaliser le simple fait d’être présent lors d’une manifestation violente. C’était alors une réponse aux « événements » de mai 68. Croyez-vous que cette loi ait été supprimée ? Sur le papier, oui, par François Mitterrand à son arrivée au pouvoir en 1981. Restaient cependant les dispositions de la loi sécurité et libertés quand Nicolas Sarkozy faisait passer la loi du 2 mars 2010 « renforçant la lutte contre les violences de groupes et la protection des personnes chargées d’une mission de service public ». On y retrouve ce délit particulier de participation présumée à des actes violents par la simple présence sur les lieux.

Enfin, la peur du peuple

Nos dirigeants ne parient pas sur l’intelligence du peuple, contrairement à d’autres pays, même en Europe, qui n’ont pas été confinés mais invités à adopter des gestes barrière. Les résultats comparés démontrent que le confinement généralisé n’est pas efficient. On a encore constaté que la « deuxième vague », en fait simple sursaut, avait commencé à décroitre au moment où le gouvernement mettait en place le deuxième confinement. Les Français font fait le dos rond, terrorisés par les volées de verbalisations dans les rues. Le Covid a donc créé un effet d’aubaine pour un pouvoir avide de contrôler sa population en multipliant à l’envi les textes liberticides.

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A propos de l'auteur Thierry Sautier

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