Le Grand Remplacement existe, je L’ai rencontré

On s’accorde à dire que c’est Renaud Camus qui a créé le concept de Grand Remplacement, voulant ainsi dénoncer une pression culturelle allogène sur la France, résultat de l’immigration non contrôlée de populations musulmanes. Difficile de se faire une opinion dès lors qu’une quasi omerta pèse sur les vrais chiffres de l’immigration et du taux de natalité des populations d’origine immigrée comparé à celui des Français d’origine. Mais il y a un autre grand remplacement, celui-là exclusivement culturel, qu’il est pourtant facile à décrire, et dont l’objectif déclaré est d’éradiquer de notre société un certain nombre d’idées et de pratiques jugées sinon criminelles, en tout cas obsolètes. En voici deux exemples.

Écriture inclusive, langage dégenré, épicène 

Pour comprendre ce mouvement, il faut admettre le principe que l’usage du masculin et du féminin dans notre langue écrite, qui n’est pourtant que la transcription de la langue parlée qui lui préexiste, a été conçu par des hommes et imprime dans les têtes un inconscient macho, moyen de pérennisation d’un pouvoir masculin. 

Une logique parfois idiote d’autant qu’un crocodile est tout aussi arbitrairement genré qu’une coccinelle. Faut-il écrire une crocodile et un coccinelle pour préciser sa pensée alors qu’il est si simple d’y ajouter la précision mâle ou femelle quand cela est nécessaire ? 

La langue écrite évoluée ne peut être que le résultat de conventions qui permettent le développement des idées et du raisonnement dans la phrase. C’est la raison pour laquelle, dans la langue française en tout cas, on a depuis longtemps décidé que le masculin incluait l’ancien neutre des langues grecque et latine, dont elle est une évolution locale dans notre pays. C’est une convention qui prescrit que « le principe du masculin l’emporte sur le féminin », de sorte que l’adjectif qui qualifie plusieurs noms de genres différents s’accorde au masculin. Malheureusement, des grammairiens aux 17 et 18e siècles ont théorisé la règle selon l’adage « quand les deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble lemporte ».

Faut-il écrire, par application de l’antique règle grecque de proximité abandonnée de longue date, le drap et la neige sont blanches ? Si oui, c’est la disparition programmée du neutre dans notre langue, genre pourtant si pratique.

Il est vrai que certaines langues, comme le finnois, le hongrois et le turc, ne connaissent pas la distinction entre masculin et féminin. Tandis que dans la langue chinoise, cette distinction a été introduite récemment, pour les pronoms personnels des deuxième et troisième personnes du singulier, comme dans la langue anglaise. 

L’écriture inclusive n’est pas le résultat de l’évolution naturelle de la langue orale régulée par les grammairiens, mais celui d’une idéologie mondialiste qui se veut dominatrice, avec comme projet assumé le changement des mentalités en se servant de l’orthographe. Tandis que l’écriture inclusive est interdite à l’Administration selon la circulaire Castaner du 21 novembre 2017, notre ministère de l’éducation la promeut aujourd’hui en prescrivant l’usage du « point milieu »…

Imposer aux communicateur-trice-s l’usage de cette écriture inclusive revient à décrocher la langue écrite de la langue parlée, en introduisant ainsi une complexité, qui au-delà de la difficulté croissante de sa lecture, exclut de fait les classes populaires. Ces règles ne sont même pas généralisées à la totalité du langage. Ainsi on n’écrit ni ne dit médecine pour une femme médecin, ou encore chercheure tandis qu’on écrit docteure, et par là-même on enterre doctoresse, elle phonétiquement féminine. De même chève, devrait être le féminin logique de chef (bref/brève). Mais on devra dire cheffe. Le militantisme grammairien choisit le méchant terme d’autrice contre auteure.

Laissons donc les locuteurs féminiser quand ils l’estiment nécessaire, comme il l’ont fait spontanément dans le cas de policière ou boulangère. C’est de cette manière que notre belle langue s’est constamment modernisée, à l’abri des oukases idéologiques d’aujourd’hui.

Anti-racisme et décolonialisme

Une autre offensive, celle-là purement idéologique, est engagée par les décoloniaux, derniers avatars des anti-racistes et racialistes, qui visent exclusivement l’homme blanc. Puisque les colonies ont été crées par des pays dirigés par des hommes blancs, l’homme blanc occidental est nécessairement raciste. Comme si les dirigeants actuels des pays occidentaux, nés pour l’essentiel après les indépendances, étaient génétiquement coloniaux. 

L’anti-racisme fait rage dans notre pays qui, faut-il le rappeler, est probablement le pays d’Europe qui a accueilli au fil des siècles le plus de vagues migratoires, et en particulier au XXIème siècle, ainsi les flux en provenance d’Italie, d’Espagne, du Portugal et de nombreux pays de l’Est. Certes les maçons italiens et portugais ont eu à subir ici et là quelques réactions xénophobes, mais leur intégration est aujourd’hui totale.

Les Français ont lassé faire l’antisémitisme du Régime de Vichy, mais notre population n’a pas pratiqué à l’époque la chasse aux juifs et les pogroms. La France comprend encore aujourd’hui la plus forte population juive d’Europe, et sans opposition si ce n’est en provenance d’une partie de la population musulmane.

Il est piquant de constater que les anti-racistes assoient leur argumentation sur la ségrégation raciale supposée, alors même qu’ils nient la réalité de la race. Il s’appuient sur la race pour développer leur démonstration. Selon Camelia Jordana, « les hommes blancs sont, dans l’inconscient collectif, responsables de tous les maux de la Terre ».

L’appel des Indigènes de la République concentre parfaitement ce militantisme dont le ressort est avant tout racial. Écrire que « Le traitement des populations issues de la colonisation prolonge, sans s’y réduire, la politique coloniale », « la décolonisation de la République reste à l’ordre du jour », et « la gangrène coloniale s’empare des esprits », est intolérable. 

Gérald Darmanin, chassant par ailleurs sur les terres du Rassemblement National, annonce qu’il engage la processus de dissolution du groupe Génération Identitaire, qui n’a jusqu’ici pas été condamné pour ses actions. « En même temps », un groupe comme le CRAN peut en toute impunité, en mai 2015, assigner en justice Ernest-Antoine Seillère pour « crime contre l’humanité et recel de crime contre l’humanité », en sa qualité de descendant de la famille Seillière de Laborde, propriétaire de vaisseaux négriers… Propager des idées nauséabondes en attaquant un homme exclusivement à raison des ses origines et de sa couleur de peau ne fait apparemment pas sourciller nos gouvernants qui là font la preuve de leur soumission à un mouvement avèrement raciste. 

Ce n’est pas autre chose, après la revisitation de notre langue, que l’expression du lessivage de l’esprit français.

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A propos de l'auteur Thierry Sautier

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