Le Vatican menacerait d’excommunier les électeurs de Zemmour

Les autorités ecclésiastiques catholiques se tiennent le plus souvent à l’écart des soubresauts électoraux. Mais la situation en France a récemment attiré leur attention sur le cas d’un candidat, en particulier : Eric Zemmour. Au Vatican, une décision sans précédent pourrait être prise : menacer d’excommunication les électeurs tentés par le candidat d’extrême droite.

Un candidat « anti chrétien »

C’est une rumeur qui circule depuis quelques jours au sein de l’épiscopat français : le Cardinal Ladaria Ferrer, préfet de la puissante Congrégation pour la doctrine de la Foi, serait sur le point de menacer d’excommunication les fidèles catholiques qui voteraient pour Eric Zemmour. Ce successeur du pape Benoit à ce poste stratégique de la Curie romaine s’inquiéterait en effet d’un candidat jugé « anti chrétien ».

Bigame ou mari adultère

Sa situation personnelle, tout d’abord, fait scandale. Marié et père de trois enfants, il a officialisé une forme de bigamie en reconnaissant être en couple avec une jeune femme tout en restant marié avec son épouse. De plus, le journaliste Etienne Girard a révélé que Sarah Knafo avait 13 ans lorsqu’elle a fait la connaissance d’Eric Zemmour (63 ans), un ami de son père.

 

Un candidat qui se décrit comme étant « contre le Christ »

Par ailleurs, Eric Zemmour a déclaré dans une interview télévisée qu’il était « pour l’Eglise, contre le Christ », c’est-à-dire la position maurassienne classique faisant de l’Eglise catholique un pur instrument social, d’ordre bourgeois, sans sève spirituelle. C’est cette dernière déclaration qui a coupé Eric Zemmour des catholiques non identitaires, qui croient en Jésus Christ conformément au credo et à leur baptême.

Auto-défense et « culture de la mort »

De plus, ses propositions concernant le droit à l’autodéfense ont créé une vraie gêne au sein des catholiques français soucieux du respect de la vie. Dans son programme, Eric Zemmour ouvre en effet la voie à une forme de « droit à la vengeance », moins stricte que notre droit à la légitime défense (reconnu, lui, par l’Eglise, car proportionnel). Un pas de plus vers une « culture de la mort », condamnée par de nombreuses encycliques papales, que les chrétiens doivent au contraire tenter d’endiguer, sur le sujet de l’avortement mais aussi sur ce type de dérive.

Zemmour entraine les chrétiens vers leur « visage de haine »

Bien sûr, ses positions sans nuance sur le sujet des migrants (même si ce sujet, en lui-même, n’est pas illégitime du point de vue chrétien, comme nous l’avons indiqué par ailleurs) sont également en opposition frontale avec la position de l’Eglise, qui maintient le discours évangélique de la valeur de toute vie, mais aussi de la charité et des règles de l’hospitalité envers les étrangers. Les dérapages répétés d’Eric Zemmour sur cette question ont rendu difficile de voir comment ses positions seraient conciliables avec la position de l’Eglise sur le sujet. Une position exigeante, difficile, mais qui trace la voie d’une solution authentiquement chrétienne. Qu’il soit légitime de réguler l’immigration, personne n’en disconvient. Mais pour un chrétien sincère, cela doit se faire en respectant des principes supérieurs, des exigences, des critères spirituels : c’est toute la difficulté de notre situation (et à l’inverse, la facilité à prendre des postures radicales, mais inhumaines).

Enfin, les prélats du Vatican voient d’un très mauvais œil les déclarations et écrits d’Eric Zemmour sur les femmes. En mettant en scène une sorte d’inégale dignité entre hommes et femmes, le candidat de Reconquête fragilise en effet tout l’édifice chrétien, reposant justement sur l’enseignement christique d’une égalit en dignité qui a ouvert la voie, faut-il le rappeler, à la vision moderne de l’égalité homme-femmes.

En conclusion, Eric Zemmour est considéré par les autorités catholiques comme un candidat qui, au prétexte de traiter un problème bien réel, obscurcit le jugement de ses électeurs chrétiens en s’inscrivant dans une « culture de mort », les entrainant vers leur « visage de haine », et négligeant de voir en lui une menace pour un sujet plus grave que l’immigration : le message des Evangiles.

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A propos de l'auteur Luc de Montheil

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