Pourquoi je ne soutiens plus Zemmour et voterai finalement Pécresse

Le débat télévisé hier soir n’a pas été une surprise pour moi. C’était une erreur de laisser penser que Zemmour allait dominer outrageusement une femme politique expérimentée, qui gère une région de la taille de la Suisse ou de la Belgique depuis des années, et jouit d’une expérience politique et au gouvernement sur des décennies. Qu’attendait-on ? Qu’elle fonde en larme ou reconnaisse avoir tort ?

En revanche, la surprise a été de voir Eric Zemmour pris à défaut sur la constance de ses engagements, et surtout pris en flagrant délit d’incohérence sur ses thèmes de prédilection (comment peut-on retirer les visas aux pays qui ne reprennent pas leurs ressortissants alors qu’on promet une immigration zéro, donc zéro visas à retirer ? Pourquoi ne pas fermer toutes les mosquées si Islam et islamisme sont la même chose ? pourquoi nier qu’il y ait eu un salut nazi lors d’un meeting, puis dire une seconde après que l’auteur de ce salut a été exclu ?). Se faire dominer sur l’économie n’aurait pas été une surprise, mais perdre sur ses « bases » était très embarrassant.

Mais plus préoccupant pour moi est la réaction des militants Reconquête sur le Space qui a suivi, avec une démoralisation sensible, qui confirme une baisse de dynamique qui dure en réalité depuis plusieurs jours. Et pour cause. Pour un chrétien, difficile de continuer à soutenir un candidat dont la vie privée était déjà en elle-même contestable et dérangeante (une sorte de bigamie ou d’adultère « officiel »), et qui piétine de plus en plus ouvertement les enseignements de l’Église et des Évangiles, au point que ses électeurs risqueraient l’excommunication. Pour un patriote, difficile de ne pas être gêné par le sentiment d’un candidat sous influence étrangère, par dogmatisme idéologique ou fascination pour Poutine. Pour un conservateur libéral, difficile de ne pas être embarrassé par l’absence de soucis de la politique économique et des réformes de l’État pourtant si nécessaires.

 

Si l’option Zemmour a paru un temps comme une évidence, elle est devenue pour moi une impossibilité.

L’un des militant Reconquête a parlé hier de la difficulté pour lui à avouer en public (et au travail) son engagement pour Eric Zemmour. Cela signe symboliquement l’échec définitif de cette campagne. Tombés dans le piège de la diabolisation, devenus infréquentables, il est clair que nous ne parviendrons jamais à constituer une majorité électorale, ni même à constituer des alliances aux législatives. Nous sommes devenus un parti croupion du FN, comme l’ont été les mégrétistes en leur temps, du mauvais côté du cordon sanitaire. On peut le regretter (je le regrette), on peut considérer que c’est injuste (je le trouve), mais c’est un fait.

J’en veux beaucoup, à cet égard, aux transfuges du RN, qui ont entrainé cette campagne qui était si positive à son début, dans un combat de chiffonniers indigne et qui nous ont « coloré » de leur passé et de leurs pratiques d’extrême droite.

Dès lors, que faire. La démocratie est un jeu où l’on a tort si on a moins de 51 %. Or, qui peut dépasser ce seuil ? Seuls deux candidats, perçus comme « modérés » par l’électorat (à tort ou a raison, cela n’importe pas) : Macron et Pécresse.

Macron nous assurerait d’aller plus loin encore dans les délires sociétaux : écriture inclusive, GPA, fin de l’excellence scolaire (il vient de tuer Henri IV). Il continuerait à abaisser la France à coup de Gay pride à l’Elysée, de photos indignes comme à St Martin, de Mc Fly et Carlito et tant d’autres. Il continuerait à prendre des décisions politiques incohérentes, comme fermer Fessenheim et annoncer une relance du nucléaire, comme fermer des lits d’hôpitaux puis annoncer qu’il va en ouvrir de nouveaux…

Surtout, une réélection de Macron nous assurerait une période de troubles civils graves, avec des blocages de type Gilets jaunes démultipliés, des émeutes comme on en vois déjà en Corse ou autour des dépôts de carburants, et une mobilisation de tous les gens heurtés par son exercice arrogant du pouvoir.

A l’inverse, Pécresse assurerait un retour à l’ordre et au calme, après ce quinquennat de divisions et d’insultes. Je ne crois pas qu’elle fera de réformes réellement transformantes, mais je la pense capable de réformer en partie la gabegie de l’État et de reprendre nos finances publiques de manière plus sérieuse que les macronistes. Je ne lui fais pas confiance sur le plan des valeurs, mais on voit bien qu’elle mettrait au moins en pause un certain nombre d’évolutions sociétales dangereuse pour la société et pour nos enfants.

Bref, il y a désormais un vote intelligent pour les patriotes et les conservateurs qui aiment leur pays. De deux maux, le moindre. Ce n’est pas l’idéal, mais le jeu de l’élection. Sans enthousiasme, mais par calcul de l’intérêt suppérieur du pays, je fais le choix de ce vote intelligent, et voterai pour Valérie Pécresse dès le premier tour de l’élection.

On vous recommande

A propos de l'auteur Luc de Montheil

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.