Qu’est-ce que le « stupido-droitisme » ?

Le supido-droitisme est un terme inventé le 4 février 2022 par la journaliste du Figaro, Eugénie Bastié, pour stigmatiser le fait que les candidats de droite, bien que majoritaires en voix, préféraient se déchirer entre eux plutôt que de concentrer leurs efforts sur le Président sortant, Emmanuel Macron.

 

 

De fait, comme l’on noté de nombreux observateurs de la campagne, le camp d’Eric Zemmour a consacré l’essentiel de ses efforts à s’attaquer à la candidate de droite, n’attaquant que très rarement Emanuel Macron et ses valeurs pourtant à l’opposé de celles des militants de Reconquête.

A cela, plusieurs explications.

La première tient aux ralliements d’anciens membres du FN, du parti de Bruno Mégret et des groupuscules identitaires, à Eric Zemmour. Parmi eux, Damien Rieu a immédiatement imposé les obsessions classiques de l’extrême droite dure, hostile à la droite de gouvernement notamment par anti-gaullisme. Une attitude faite d’attaques ad hominen et de fake news, qui a rebuté une partie des militants et électeurs plus modérés dans l’entourage même de Zemmour. Et qui n’a pas payé : depuis l’arrivée de ces transfuges, Zemmour n’a jamais retrouvé son point haut de 15% obtenu quelques semaines avant. Pire pour lui, il est devenu un nouvel « infréquentable » dont les électeurs n’osent dire qu’ils votent pour lui, et qui a construit un immense vote barrage face à lui en cas de second tour.

La seconde est une erreur tactique, de se dire qu’il fallait absolument « éliminer » une rivale pour le second tour, quitte à perdre toute chance de report au second, donc à transformer la campagne d’Eric Zemmour en impasse politique. Or, s’il est vrai qu’il faut réunir son camp au premier tour, et rassembler au second, il s’est agi là d’un jeu à somme nulle. Pécresse et Zemmour se sont arraché les demi points semaine après semaine, sans parvenir à creuser le trou. Pire, la somme de leurs voix a fondu dans cette affrontement stérile.

La logique « droito-intelligente », a contrario, aurait été de concentrer le feu sur Macron, qui avait de plus déserté le champ de bataille, et de voir lequel était en meilleur situation pour le second.

Aujourd’hui, Mélenchon, Le Pen et Zemmour font peur à l’électorat modéré, et n’ont pas de perspective au second tour face à Macron. C’est un fait que l’on peut déplorer, mais qui est indéniable. Les zemmouristes aiment parler de Valérie Pécresse comme de Mme 20h02. mais en réalité, c’est la totalité des autres candidats qui fera front contre eux, y compris une partie du RN qu’ils ont pillé et humilié.

Pour un patriote ou un conservateur souhaitant se débarrasser de Macron, l’arithmétique est sans appel : seule Pécresse peut réunir la droite et le centre, et une partie de la gauche qui déteste Macron, pour le faire partir. Elle n’est peut-être pas le candidat idéal de toutes les composantes de la droite, mais elle est la seule option sur la table. Le seul vote intelligent pour éviter 5 ans de Macron, et l’abaissement de la France. A prendre ou à laisser. Les sectaires diront : « on laisse ». Ils auront alors la responsabilité du mandat de Macron.

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A propos de l'auteur Martine Dhistinger

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